Il me semble soudain ressentir dans mes respirations une naissance écriture qui m'avait échappé. L'exploration nocturne de l'univers intérieur est plus fraîche, plus pure. Et je comprends immédiatement que le noir est la couleur des origines, des commencements, et la première vibration bleue des mots et des blancs. Et je me dis aussitôt : plus le ciel noir des mots prend et tient contre son cœur la mer blanche des images, plus l'image blanche de celle qui vient, de celle qui arrive emplit la vague clarté et le vent. 


Le mythe auroral

Le noir coule en bleu
Pour nous tendre sa lumière

Un long silence s'installe
Le milieu aquatique y est partout présent

N'est-ce pas là qu'elle est déjà
Île et étoile, où s'effleurir ?
Île ou étoile, d'un côté comme de l'autre 
Il y a toujours un franchissement de l'intervalle possible

La nuit active les imaginaires
D'un vrai pays d'enfance et d'idéal

La lumière est présente dans le noir

Le noir
C'est l'idée
Qui a déclenché
Tout l'amour d'elle
Pour
 la voir, la toucher
L'entendre et la goûter

Il y a des présences inconnues
Toutes surprises de connaître
Des destinations nouvelles
Le souffle de la nuit emplit
L'ombre claire de ces formes rêvées  






La longue lumière de l'arbre a deux entrées : l'une par son essence corporelle et l'autre, par son essence spirituelle. Une force inconnue, mais bien réelle la porte irrépressiblement jusqu'à la hauteur des plus hauts étages du ciel. L'arbre est le commencement de la verticalité, donc le lieu de rencontre de l'éternel et de la temporalité. Ce ciel en plein vol, à la croisée des pluies d'étoiles, c'est le sien. 

Au plus haut de ce paysage inattendu
Il y a des pierres remplies de silences
Qui portent 
vers la Voie Clarté 
Des présences perdues
Les attirent à elles
De toutes leurs forces
Ce sont comme des yeux de lumière
Qui emplissent l'espace de la nuit

Tout ce que je connais
De ce ruissellement des formes
Je l'ai rapporté d'un clair de nuit
Ou d'une pâle aurore 

Le réel s'accomplit dans l'imaginaire.
 
Des préparatifs de paysages apparaîtront probablement, quelque part, dans cet espace de merveilleux.

Il n'y a pas un lieu de la naissance, mais plusieurs. Nous mettrons en avant l'esprit libre et universel de ce projet : tous le contextes, tous les mondes sont possibles. 

Je ne fais plus la différence
Entre des pas sur la neige
Et des jardins sous la pluie
Et il n'est plus rien
Dans l'invisible construction
Parmi l'ombre de mes rêves
Que l'invention d'un fil de lumière
A la nuit la nuit, à la rencontre la rencontre

Je rouvre les yeux, le paysage s'éveille, et ce que je vois devant moi est plus qu'un espace blanc où passent des ailes nimbées de clarté ; j'ai devant moi des terres de tendresse et de lumière, qui se fondent les unes dans les autres. La vision existe, seule, aussi mouvante et émouvante, que mon autre mère la mer. Sous de multiples formes, elle reviendra. C'est par la courbe lisse de son ventre que s'opère l'alliance des eaux fœtales avec la mer libre. 

Mon voyage vient faire son nid
Dans le corps luminescent de la mer
Et j'apprends plus par mon amerrissage
Que ne révèle la grande ombre de lune pâle et blanche

La chair de la mer, toujours serrée dans le bleu du silence, je l'ai déjà perçue en haute forêt et aussi aux abords de la nuit, quand le vent se dessine en bleu sur la chair humide de la grotte, et que le ciel redevient emplisseur d'aurores, à l'orée d'une vibration plus subtile de ses alvéoles d'air et de vent. 

L'abstraction est destinée à changer les images du monde, à le pousser à s'explorer plus loin. Car ce n'est pas d'une couleur dont la mer a besoin, mais d'un voyage installé en elle. c'est pourquoi il faut chercher un univers où rien ne se ressemble. 

L'expression de la forme abstraite ou le réalisme de l'irréalité

La mécanique rapide et puissante n'a jamais fait entendre ni voir une telle ascension.

Il y a une signification plus profonde que l'apparence, c'est pour moi une certitude.
D'où la nécessité absolue d'une communication quelconque entre les deux lumières, entre les deux mondes. 

Quelle est cette lumière silencieuse sur l'herbe mouillée ?
Quel est ce rythme, ou cet effet d'obscurité éclatant de lumière ? 

Les mondes d'en haut se vident pour en faire jaillir d'autres
Dans je ne sais quelle complexité des temps et des espaces

Lorsque j'aperçois le reflet d'une fenêtre sur un mur blanc,
j'ai l'impression de me réveiller avec le regard du soleil sur la terre nouvelle.

Il y avait une participation primitive, qu'on appelait Enfance.
Les commencements, les départs vers l'absolu sont en morceaux. 

Quelque chose, ou quelqu'un retient de très loin
De très profond à l'orient de la forêt
Le cri primitif de la naissance. 

Il y avait une grande douceur d'aimer dans le regard de la Terre.
Les enfances de l'homme ont existé, il nous faut établir ce qui s'est passé ensuite. 

Des images passent devant mes yeux : mille visions par mille transformations de la nature. Je me retrouve en elles, sauf qu'elles n'ont pas traversé les mêmes mues successives que moi. Où vont toutes ces choses, que le matin d'or du lieu de l'émergence réveille en moi ? 

Il existe un goût de la pleine mer plaqué sur la chair bleue de la forêt, seulement il est lié à l'instant et l'instant n'est jamais le même.

La lumière de la terre et l'humanité de l'homme sont de passage dans ce monde. Mais à la différence des nations humaines, les regards de la terre ne s'enroulent pas dans un espace tracé. 

Nous devrions tous avoir en mémoire l'étoile par laquelle nous sommes entrés. Des yeux d'eau et de lumière de toutes les couleurs peuvent nous la montrer. Mais il faut, pour cela, arriver à concentrer les verticales de la lumière. 

La relation d'individu à individu est une course de découvertes.
La relation d'individu en individu est quelque chose de plus grand : c'est l'expérience de renaître.

Mon île de chambre est orpheline de la mer.

Personne ne me croira si je dis que, de mon incarnation précédente, je garde le souvenir d'un récif coralien, mais c'est la vérité. Qu'est-ce que la transmigration, sinon une route déblayée par le mouvement, la direction et la vitesse. Que je sois homme-goéland !  Qu'est-ce que je suis ? Individu dauphin, peut-être ? 

Derrière cette apparence d'être, il y a la trace d'autre chose. Un autre monde commence. lequel ? D'abord éprouver. Ressentir. L'intuition et l'imagination font naître ce qui n'est pas encore. 

La grotte initiatique est incrustée en chacun de nous
Je me colle à la paroi humide de la grotte
Et j'étreins la beauté fragile de ce retour matriciel

Tous les chemins de l'aube
Aboutissent à cet état fusionnel
Dans un même souffle de l'aurore
C'est précisément ce qu'avait imaginé
Dans l'air opale la ronde des nuages

Rien n'est arrêté
Un monde, c'est tous les mondes












Les conversations des arbres nous cernent, nous épient.
L'union intuitive avec la nature n'est pas un univers de rêve à jamais disparu.
Les arbres, les rochers ou les étangs n'existent pas sans mystère et sans incertitude.

























Entre le cri aigu du serpent de nuages
Et celui de sa disparition
Il y a le temps d'un souffle de vent
C'est lui qui détient les clefs
De la poésie sauvage
De l'île barbare et primitive 

La pente de la montagne remonte
le flux de nombreux espaces
Pour aller à la rencontre
D'une lumière dorée
Née à l'aube des temps

Les surfaces et les formes de la nuit laissaient apparaître
L'écriture minuscule de nombreux dieux étoilés

Ce fut alors qu'une main levée surgit soudain de la brume

Au sommet d'un nuage s'était allumée une maison ronde
Comme un sourire de lumière étonnement tendre et doux

Avant de commencer ma quête, je m'appliquai de toutes mes forces à concentrer mon esprit sur le mystère lumineux de l'arbre inversé, qui plongeait ses racines dans le ciel.

Je songeai à la première forme du matin,
dont je ne savais rien encore de ses routes nomades

Cent fois, au cours de mon retard à enlacer du vert vivant, j'avais caressé le projet de partir en voyage dans le territoire presque éternel des grottes ornées. Probablement pour une raison identique à celle qui m'avait incité à chercher des yeux un chemin d'eau perdu dans les brumes et, l'ayant aperçu, j'avais lu dans son regard la même soif ans la soif d'absolu.

Mais, entendais-je seulement comme elle s'éclairait, quand des vols d'instants amoureux habitaient tout près ? L'introductrice au royaume était nomade, libre de toutes attaches, car l'on ne savait où finissait l'oblique de l'épaule, mystérieuse, agitée ; où commençait la traversée lumineuse des lèvres secrètes. 

Des yeux, je ne quittais plus cette mère mythique aux multiples métamorphoses.
Et le monde vert de la grande forêt pénétra jusqu'au plus profond de moi. 








Les hommes de rêve aperçoivent la fleur d'une île que nul n'a respiré car elle était en eux et à eux avant leur naissance.

Je rêve de ma prochaine rencontre
Avec l'étrange inconnue qui me souriait
Sur une île au milieu d'un grand lac
Une clarté froide inondait son visage
Dans ses yeux, j'ai cru reconnaître le lien étroit
Entre les fils de mon rêve et le bleu soutenu de la nuit
Ses joues couvertes de sable blanc frôlaient les miennes
Nos regards s'entremêlaient et s'exaltaient l'un l'autre
Et la grotte dans laquelle nous trouvâmes refuge devint notre océan profond

Je me suis longtemps posé cette question :
Est-ce que la visiteuse de lumière est venue d'ailleurs
Ou est-ce qu'elle est venue d'avant ?

La perception m'importe moins que l'imagination de ce voyage
Vers moi des lacs, des étangs et des sources en miroir 

Elle, c'est la joie de se chercher
Grande joie pour le plongeur
Devant les yeux de la mer
Qui n'en finissent pas de rouler dans le ciel

Les hommes naissent
Sous les cavernes creuses
Enlacés à une voyageuse secrète
Puis ils quittent son corps pour parcourir seuls
Cette couleur de terre, cette couleur de lumière
Qui les fait passer de la visibilité primitive innocente à la chute extatique de l'ange
Et la question toujours posée est celle de cette lumière égarée

Je ne sais ce qui ramène au jour
L'image obsédante de celle qui abrite
Et protège et regarde jusqu'au fond

Dans cette lumière
Je vois des lumières qui ouvrent les yeux
Qui ouvrent aussi les paupières derrière les yeux
Je vois une infinité de mondes, de regards, de langages
Qui passent de ciels en ciels, traversant tous les éons de l'univers divin et secret

Dans une clairière de la forêt, j'ai découvert les traces d'autres voyageurs. Dès les premiers instants de notre première rencontre, j'ai compris que les vrais rêves d'une liaison en forêt s'écoutaient avec les yeux du cœur, que l'émotion du voyageur courait vers une source et que cette infantile nostalgie de l'émoi, de l'instant appartenait à l'onde merveilleuse. 

Au commencement de ce cycle de confiance en la vie
Il y a l'image ou le concept central de l'Introductrice au royaume
Mais la Mère de vie, s'il en est une, commence à un moment qu'il est impossible de définir

Devant les étranges constellations, nous nous interrogeons sur les pluies de lune et sur les royaumes du vent. Un vent de naissance nouveau nous fixe notre chemin, avant que la rumeur s'endorme dans sa lumière. 

Quels sont les mondes qui ont précédé le nôtre ? Où ? Quand ? Comment ?
L'éclat blanc et bleu du ciel sur la mer pose sa question à chacun d'entre nous.

Maints humains ont disparu comme s'ils n'avaient jamais été
Parce qu'ils n'ont jamais quitté le monde où ils sont nés

Les champs d'ombre se développent
Dans le sillage des champs de lumière

L'épopée de la forme
Se heurte à un univers indéchiffrable
Dans lequel la liberté intérieure
Est sans cesse piétinée
Par le monde environnant

 La brillante lumière astrale parcourt les mondes et les univers.

 Mort ou transition ? Vie éternelle ou néant infini ?

La vie est issue du rêve
Lui-même issu de la vie
Et ainsi de suite 

De deux choses l'une : ou bien nous ne sommes pas encore venus au monde, et tout devait être impossible et lointain ; ou bien nous sommes venus des mers de l'espace, et maintenant n'est pas maintenant mais avant, comme ici n'est pas ici mais ailleurs. Auquel cas, le monde hors le monde, soudain est à nous ! Mais comment réorienterons-nous la rencontre sur une plage de la mer et de la terre ? 

Tout le ciel nous regarde et nous écoute
Mais une seule mer nous voit et nous entend

De deux choses l'une : ou bien nous sommes seuls et nous l'avons toujours été, et notre voyage jamais ne se reproduira ; ou bien le vent d'azur luit uni aux reflets des nuées flamboyantes, et le poème de l'homme est une volonté de s'affirmer, sa raison d'être principale, un désir encore plus fort que les autres. 

D'une façon ou d'une autre, on fait un long voyage.

Le jeu libre de la forme-signe, toujours fuyante, du rêve crée un espace complètement inventé, dans lequel il n'y a plus lieu de chercher à établir des distinctions entre ce qui est interne et ce qui est externe, course descendante et/ou ascendante du mouvement, unité et multiplicité. 

Dans cette étreinte de la nuit froide et claire 
Le monde ne s'arrête pas au corps matériel 
C'est d'ailleurs de cette lutte avec la matière
Et la temporalité, que naissent ses plages lointaines
Lumineusement obscures comme des secrets

Je demandai : la ligne pure où le ciel et la mer se rejoignent, on peut donc la traverser ? Mais pour aller où ? D'abord l'existence de ce qui existe, m'informa la voix du rêve, et de quelque chose au-delà. Mais par dessus tout : le passage, la sortie avec l'autre ou les autres. Voilà l'Idée. La voix de mon rêve se tut un instant, puis reprit : l'île est en dedans, plus loin que la source, peut-être même plus loin que le courant, ou la mer. Soit à l'extrême fin, soit à l'extrême début de l'étendue intérieure. Dans le cercle de l'homme, chaque vie naît de la mort. Dans le cercle blanc de l'aube éternelle, que tu ne vois pas, chaque être dérive et naît de la vie. Elle ajouta plus bas : et ce que tu as croisé dans l'errance d'une autre rive, était le nom d'un pays de la Terre pure. Mystérieusement, cette image me signifiait : nous vivons aujourd'hui et nous revivrons. Sous de multiples formes, nous reviendrons. A partir de ce matin-là, tout me sembla étrange et extraordinaire.

Le goût de l'inconnu se faufile entre les moindres failles
Il est le vent voyageur arrivé de très loin
Qui refuse le vide blessant de l'utilité immédiate 

Délivrer le temps du rêve, c'est l'exprimer

Le rêve des origines  arrive sur la pointe des yeux de tous côtés

On me dit qu'exister est un acte et non un rêve 
Que tout est né, que tout existe déjà

Il n'y a plus d'avant-monde. Jusqu'où peut aller l'invisible dans l'origine ? Où aller, où retourner sans cesse, sinon à ce chagrin de l'aube suspendu à la joue d'une aurore d'avant la faute ? 

Il faudrait à la fois rester un unique et vivre comme les autres.
Est-ce possible ? S'entendre de dedans le cosmos et vivre et inventer.

La face maternelle des mots frémit dans les couloirs terrifiés de la consommation de masse. Ici l'on choisi le désir d'amour sur catalogue, et l'on parle de l'immensité des ciels dans le brouhaha des centres commerciaux et des équipements culturels. Le rêve et la vision se sont tellement atrophiés, dans nos yeux rivés à la marchandise et aux spectacles, que le bruit des vagues pose, du même coup, la question de son aptitude à apporter un être d'aventure. Il ne faut alors s'étonner ni de la liberté profanée, ni de la frustration infinie, qui sont la traduction de l'angoisse existentielle. Mais, peut-on oublier que l'on est né libre de paysages et d'imaginaires ?

Ceux qui arrêtent le voyage sont déliés, au lieu d'être reliés
Et, de ce fait, les murs de leur appartement se resserrent autour d'eux comme des cages 

La nuit ne voulait être que voie et passage 
Pouvait-elle se douter qu'une odeur forte de la mer l'emporterait  ? 

Des parcelles de ciels bourdonnent d'échos dans la nuit. Nuit : le mot, seul, fait déjà rêver. En elle, l'innocence et la perversité se mêlent, l'enfant et l'adulte. Aussi souvent qu'elle le peut, l'aventure sans pareille de ses cris, irise de clarté l'onde de ses respirations secrètes.

C'est une longue part d'enfance, la nuit.
Tentative ou tentation d'échapper à l'environnement adulte.
Savoir enfin l'enfance du monde.  

En-deçà ou en-delà des rivières vertes du mois de mai
Le cœur est décidément fait pour l'instant
 et le voyage est toujours musique

La respiration de l'amour naît de la rencontre de l'acte
Au contact de l'enveloppante nuit des jambes, des bras, du cou

La lumière de l'ombre établit en un instant 
D'une infime brièveté 
le passage d'un corps à l'autre

Une île s'est égarée dans la nuit initiale
Elle préférait l'ombre lumineuse
De la lune à
 l'éclat blanc et noir du soleil

Nous avons perdu le code du dialogue avec le ventre maternel.
Ensuite de quoi, le contact a été rompu avec les puissances du rêve.

O toi qui voyages  à travers les montagnes et les cavernes,
délivre-nous de l'enténèbrement du monde et ouvre-nous l'accès au sacré.

N'es-tu pas le réenchantement du monde et l'ouverture à la rencontre ?
Car si tu existes, ce monde est un autre monde et la vie reviendra.

N'es-tu pas Celui-par-qui-l'on-parle ?

Si tu es un pont de lumière entre l'ombre bleue du vent et le sacré de la terre,
tu ne peux pas ne pas être la vie profonde possible de la mer qui est dans le ciel.
Et tu ne peux pas ne pas être la vie profonde possible du ciel qui est sur la mer.

Nous nous sommes déjà rencontrés
Dans ces champs de  lumière que nous croyions oubliés.
Car si tout est lié, ce qui est a déjà été au contact de tout
Nous avons été, nous sommes et nous serons.



























La chair de la nuit frissonne
Les ombres des arbres attendent silencieusement
Je ne sais pas encore comment affleurera sous la surface
L'étincelle lumineuse qui délivrera le vert des feuilles

Les orbes tracent des signes étranges
Ils sont tout près maintenant
Ils sont à mes côtés, en un instant

j'entends les cris de la lumière
Qui se fraient un passage
Au milieu d'un peuple d'ailes ouvertes

Une brume bleue parcourt les images de la nuit
Je les glisse à mon crayon et m'élance dans la forêt des mots

Destination : le triangle amoureux de la lame, de la vague
Et de l'écume du ciel qui se forme sans qu'on la voit

Vers quoi vont ces traces de feu perdues ? Au choc du retour dans leur étoile natale ? A un simple et unique voyage au pays d'où l'on ne revient jamais ? Je ne peux le savoir car je n'ai pas de réponse et il est presque constamment l'heure de l'imperceptible. Et je ne sais pourquoi, mais je songe à une anti-terre, celle qui serait non pas le contraire mais l'inverse : le jumeau symétrique. 

Notre terre lointaine est un nom oublié. Où sont les luminescences lunaires qui gardent le secret de l'origine des formations étoilées, le premier souffle de l'aube dans les forêts de la nuit, où est-ce ? L'aube orange et bleue de notre terre lointaine a disparu depuis longtemps. Le premier monde se cache et garde son secret. Il existe quelque part, je l'admets. Certes on ne l'entend plus, mais il hante quelque étang de nos rêves, relié au cosmos. La seule solution qui nous reste, est de percer notre chemin jusqu'au bout de ce bleu lumineux.




Dans la forêt les arbres dorment
Une lumière du vert a entendu leurs respirations mêlées
Et, par-delà le mugissement du vent
Les bras de la forêt retiennent l'étoile de l'aube

C'est ici que je commence à enlacer
A attendrir un vert féminin de l'aube
Et j'acquiers ainsi la certitude que le vert de ses yeux
Brille comme une clairière : communion cosmique, accord direct.







Le lien qui unit les étoiles aux arbres est tout près de nos galaxies intérieures.
Que sait-on de la course éperdue des arbres, le soir, comme l'enfant suit les déplacements de l'ombre lumineuse jusqu'aux portes du ciel ?
Il faut seulement parler du mystère de cette relation.
Sur cette arche, on rencontre d'étranges porteurs de lumière qui nous incorporent à leur vaisseau-monde, où nos élans terrestres en viennent à leur faire écho. 

L'impossible n'existe que dans le clair de la caverne imaginaire, croyez-vous ? L'impossible cherche la main ouverte du concret. L'espace où l'on crée s'étend à un autre espace. Et une autre conviction m'anime : c'est que les voyageurs ne viennent pas de l'espace, mais d'outre-temps. Il y a une frénésie de départs d'étoiles vers d'autres étoiles et, peu à peu, des naufragés de l'ailleurs en sont venus à nous surprendre dans le secret de la nuit. Il suffit, pour s'en convaincre, de songer que nous sommes leur propre possibilité d'errer. 

La Sphère baigne dans l'infini des étoiles
C'est elle le centre, le point de source dans l'océan des nuits
C'est là, et nulle part ailleurs, que réside le haut astral

Ce qui est à un moment un point, quelque part dans la constellation des lettres 
G A L A X I E, devient l'instant d'après l'amour rêvé d'un visage, d'un paysage et d'un corps, dont le visible n'est certes que l'apparence, mais aussi l'éternel accomplissement. 




















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