Ici, ce que j'ai voulu montrer avant tout, ce sont les sourires particuliers des formes brumeuses de la pensée, qui se mêlent et se mélangent dans les couleurs secrètes de la lumière factice de ma lampe. Nous ne savons plus où nous sommes, qui nous sommes, de l'enfance vers l'âge adulte. Car qui est ici la victime ? Est-ce seulement un autre espace où il faudra exiler nos regards, épris de ce vent d'aventure ? Ou une espèce de nostalgie sacrée, où se reflète l'harmonie merveilleusement inaccessible entre le rêve et le corps ?
Dans un retour de nuit, il est toujours question d'une fragmentation de séquences, mais d'une fragmentation simplement motivée par l'émotion du moment. Le plus important est qu'on peut voir dans ce voyage utopien, des lieux, des parcours, des espaces. Les courants chauds de l'enfance ont des images de navires dans les yeux.
Le retour décisif est toujours le "pourquoi", plutôt que le "comment". Ce que je sais ? Ce que je sais, c'est que l'écriture douloureuse de ces pans sombres déboussolés, entrevoit les fines pluies lumineuses des fenêtres éclairées de ma route.
L'éclosion de ces fenêtres blanches, pareilles à des îles fleuries, suggère l'indicible secret de l'imaginaire maternel en allé. La lumière s'enferme parfois dans le silence de l'ombre et se cache sous les méandres du devenir incessant du Multiple. Mais il y aura toujours la disparition du soleil. Les trajectoires des mondes nomades sont incertaines. D'un côté nous approchons la mort des mers et de l'autre, c'est un retour de la multiplicité à l'unité primordiale. Il y a donc plusieurs lieux dans la rencontre : celui du flux cosmique, et tout un bric-à-brac obscène, hélas séparé du cosmos intérieur, mais qui, ici, n'en est pas moins ce voile attachant entre les mondes. A mon sens, c'est cela qui fait de ce pont de brume un possible pont de lumière. Il nous faudra ouvrir simultanément le transcendant sur l'extérieur et l'extérieur sur l'invisible. C'est ainsi qu'apparaîtra le portail de lumière, en tant que modalité de la transparence native.
Il devrait être possible de s'enlever, de se transporter d'une île couleur de chair en l'autre, éclairée. Derrière chaque vibration, chaque luminosité de ce vagabondage céleste, il existe un lien avec la présence invisible de mers inconnues. Pourquoi est-ce qu'on ne fait plus le chemin magique des mystiques îles sur le fleuve du temps rêvé ? Nous sommes plongés dans une infinité de regards extrêmes, qui mêle très étrangement une résonance libre, mais cachée sous une forme banale, ordinaire, et un constant éloignement de la rivière de feu. Est-il encore trop tôt pour pénétrer jusqu'à l'être ou l'essence de ce chant profond ? Qui donc peut en parler ? Un cœur d'enfant est le seul à savoir se perdre dans l'image joyeusement triste.
Mon quartier, mon pays ce sont les zones de mystère, les grottes les plus reculées. Dans quelles rencontres rêvées, jamais réalisées s'est embrumée cette recherche du milieu originel perdu ? Je l'ignore ; sans doute dans la recherche de la mère perdue. Je ne rêve plus que d'une chose : descendre vers la mer où les îles d'elles-mêmes s'enflamment. Je n'aime pas les terres, j'aime une île sur elle seule close de vagues. L'arche du cœur contient les germes d'un monde transfiguré et libre.
L'attachement à un lieu mythique, île d'enfance, ou analyse intime est inséparable de cette lumière mobile des nuages dans l'inquiétude du soir.
Il n'y avait rien ici que des déplacements de l'ombre, qu'une source souterraine absorbait dans le bleu de la nuit. L'aube nue se déplaçait dans la nuit muette. Le noir buvait la lumière, et même un peu de bleu. Où était-ce du vin d'étoile ? Tout était à l'état de rêve. On entendait les harmonies sauvages des arbres et des sources. L'expression de la lumière était un cri éperdu d'oiseaux. Et j'aimais imaginer ce que seraient à leurs paupières bleues de pluie, les résonances des mers de l'espace, leurs traces, leurs ombres groupées, naviguant vers de nouvelles surprise et d'autres émerveillements.
Les fenêtres de la nuit s'ouvrent à l'indicible. Elles se sont extirpées de l'ombre pour chercher la fraîcheur dans la clarté et la blancheur de la galaxie. Laissons-les inventer, s'inventer dans l'éclair des rêves de cette nuit. La couleur bleue de la voie clarté, de la mer et du cosmos les imbibe et les pénètre.
Un voyage de nuit, aux confins de l'errance, est encore plus irrationnel qu'il ne le dit : cette porte de l'obscurité, que la lumière traverse et éclaire, est ouverte sur les plages lointaines.
La nuit est un vaste champ d'observations et d'interrogations.
Elle conduit le visiteur au cœur des formes étranges de ce monde.
Elle conduit le visiteur au cœur des formes étranges de ce monde.
Quand la Main de Vie courait le long des célestes rivages, les êtres annonciateurs de l'aube ne voyaient que les minces sculptures de nuages, qui luisaient d'une sorte de feu intérieur, sans qu'elle semblât prendre le relai de ces visions lumineuses.
La Main de Vie est venue d'un autre monde, et c'est elle qui a fixé par avance, la voie que doivent emprunter les images de sable et de soleil, durant leur voyage invisible dans les couleurs.
Le nœud invisible des relations est notre unique point d'amour avec la mer, la rivière, la source. Ce qu'il faut comprendre, c'est que de mystérieuses relations affleurent sous la surface de cette visibilité et de cette présence. Il y a partout le même rythme, le même sens, la même densité.
L'or et le bleu d'un astre circulent de l'un à l'autre, et l'expérience de l'infini s'applique à l'un et à l'autre.
Là où un peintre a posé son regard, il y a toutes les chances.
Le haut de cette montagne se dresse dans un ciel noir
Qui change de surface selon l'éclat de la nuit
Qui change de surface selon l'éclat de la nuit
L'ombre et sa lumière
D'ailleurs tellement semblables
Que dans l'imaginaire émotif des formes
Elles se confondent
D'ailleurs tellement semblables
Que dans l'imaginaire émotif des formes
Elles se confondent
Par delà le tissu de ce monde, les êtres et les choses se réfléchissent, se correspondent.
La forêt est une découverte émerveillée comme la mer. Mais que sait-on de la couleur que fait une main qui s'ouvre ? Les cercles sur l'eau parlent en paroles que nous ne comprenons pas.
Nous sommes dans une communauté d'Uniques, et la relation à l'Autre est une expérience de communication ou de fusion, avec de nombreux apprenants répartis sur le territoire de toutes les formes possibles d'expression.
Qu'en est-il cependant des escales de l'invisible
Que la divinité de l'air Ehecàtl séduisait
Pour ainsi dire sans le vouloir
Par le seul attrait de ses couloirs de vent ?
Que la divinité de l'air Ehecàtl séduisait
Pour ainsi dire sans le vouloir
Par le seul attrait de ses couloirs de vent ?
La nature de ce monde n'est pas déterminée par l'inscription dans un temps,
mais par ce qu'elle projette au-delà des étoiles.
mais par ce qu'elle projette au-delà des étoiles.
Dès lors, quelle galaxie de lumière empêcherait que la tête elle-même soit, en bas, à l'envers de la route des étoiles ?
Cette planète est une voyageuse mystérieuse, il faut en prendre conscience.
Le divin est un clin d'œil de l'invisible sous les surfaces matinales.
Pour atteindre le sanctuaire oublié, il faut entreprendre un voyage clandestin à l'ombre des îles en feu, en essentialité.
L'accession à la lumière attend une coordination d'instants.
Est-il possible d'aimer deux mondes, deux lumières en même temps ?
Derrière ce soleil visible
il y a d'autres soleils respirables
Saurons-nous un jour
Qui ils sont, en vérité ?
il y a d'autres soleils respirables
Saurons-nous un jour
Qui ils sont, en vérité ?
Les couleurs sont-elles de chair ?
Ou sont-elles d'esprit ?
Ou sont-elles d'esprit ?
Nos chemins émergent sans doute de derrière ce même groupe de lumières.
En ce moment, le moindre chemin d'eau dans le silence de la forêt est sur le point de devenir une mer de lumière. D'une image forte, il a réussi à me remettre sur la voie des rencontres perdues.
Regards croisés du visible ancré dans un lieu face à la proximité du transcendant.
Île et eau ont une similitude
De forme ou de couleur
Tout d'abord leur clarté première
Il pourrait bien y avoir de l'or
Dans ces dépassements
Ou ces surpassements
De forme ou de couleur
Tout d'abord leur clarté première
Il pourrait bien y avoir de l'or
Dans ces dépassements
Ou ces surpassements
Chacun doit trouver sa manière personnelle et unique d'ouvrir un cheminement, un itinéraire dans un beau sentiment de l'espace et une profusion de soleils. Mais il nous faut prendre conscience de la distance entre ce monde et nous, qui ne sommes que passants. Entre ce monde et les hommes, il y a le mystère des distances, où se manifeste la cristallisation de nos rapports de nostalgie et de frustration.
Les eaux fœtales d'un lointain soleil ont dispararu sous la forêt.
Notre condition natale itinérante est liée à la nostalgie de la concavité matricielle.
Faut-il voir un morceau de ciel couché sur le sable pour croire que l'eau est le regard de la terre, ou faut-il croire que l'eau est le regard de la terre pour voir un morceau de ciel couché sur le sable ?
Le point et la nuée d'un temps séparé du nôtre, s'installent dans l'aube muette.
Le monde sans l'autre ne respire pas, il n'a pas d'être.
Les respirations d'herbe
de ce pays d'eau et de verdure
ont une envie irrésistible de fuir
les terres à l'abandon, désertées
des dieux étoilés.
La trace de bien d'autres chemins spirituels est restée aux murs des grottes.
C'est ici que le feu obscur de la terre rejoint l'être de la nuit en profondeur absolue.
C'est ici que le feu obscur de la terre rejoint l'être de la nuit en profondeur absolue.
L'idée de la ténèbre lumineuse s'inscrit dans une longue tradition mystique, qui nous enseigne qu'une éclatante lumière est incorporée dans l'obscurité profonde.
Un regard obscur s'engage dans l'étage inférieur
du cosmos chamanique et fait s'envoler
les surfaces souterraines.
Passé l'horizon de la forêt,
commence le territoire spirituel, mystique de l'au-delà du visible.
commence le territoire spirituel, mystique de l'au-delà du visible.
L'être tendit aussitôt sa main droite et l'ouvrit
Montrant un bloc de pierre à l'infini pureté
Provenant de je ne sais quelle source première de lumière
Arrachée sans doute à une longue vague de météorites
Montrant un bloc de pierre à l'infini pureté
Provenant de je ne sais quelle source première de lumière
Arrachée sans doute à une longue vague de météorites
Quelques-uns seulement, très rares, cheminent spirituellement.
Ici commence un autre pays - immatériel, intangible
De la précipitation de la lumière à l'intérieur d'un sourire
Naissent des caresses qui n'ont jamais été formulées
Naissent des caresses qui n'ont jamais été formulées
Dans chaque être
Il y a un type d'amour différent
Qui peut venir d'une autre réalité
Il y a un type d'amour différent
Qui peut venir d'une autre réalité
L'autre est totalement inconnu
L'autre est tout nouvellement né
De ce tressaillement du cosmos vivant, jusqu'au lieu de toutes les utopies, de toutes les jouissances, il n'y a qu'un pas qu'ont franchi les diverses métaphysiques de l'être.
La planète Terre nous enlace et nous serre contre elle, jusqu'au moment où notre mère la mer, à son tour, sentira l'emprise de ce que nous avons toujours appelé le Cosmos.
La marche terrestre est connectée avec d'autres entités vivantes.
Les hommes le tinrent par les cheveux, ce vent solaire qui, en eux, a visité tous les points de l'univers et, lentement les points luminescents se déversèrent dans l'eau et les reflets avec une douceur et une violence aussi d'amour.
La fascination pour les rêves et les mythes a donné naissance à une prolifération de créations actives et à un langage merveilleux des étoiles.
Nous ne sommes pas seuls sur la Terre et la Terre n'est pas seule au monde. Aussi les poètes et les visionnaires ont-ils dû trouver d'autres voies pour manifester leur foi en une nouvelle ère de la conscience et des lumières.
C'est déjà une grande avancée, puisque le principe d'une force spirituelle primitive est acquis. Mais il ne s'agit là que d'assurer une préparation mentale à la réalité du fantastique, et non la révélation de l'inconnu, de l'inexpliqué.
La terre est vivante jusque dans nos regards et dans le langage lumineux des rêves. Elle déverse dans le ciel de cette nuit, le joyau de vent qu'elle tient de la maison rouge de l'aurore. Il nous faudra recréer le lien entre tous, dans la conscience de notre union à la Grande Âme de la Terre.
La rosée des chemins de l'aube est extraite de l'antique paysage aux sourires.
Le parcours des yeux empreinte parfois des canaux fantastiques. Les voies diverses des fonds marins nous informent de la présence de créatures mystérieuses.
Le monde insolite des imaginations matérielles est porteur d'informations, de significations incandescentes d'espoir. C'est dans cette fréquence vibratoire que réside, par-delà la sphère des apparences, son indéfectible altérité.
L'imaginaire galactique s'entraîne à discerner d'autres harmonies natives. Je veux dire une dimension de reconnaissance au centre de la nuit, quelque chose comme un territoire de maternité. On insiste trop rarement sur l'importance de la relation entre le mystérieux royaume de l'espace et l'énigme du monde magique sous-marin. Qui aurait imaginé que l'axe vertical du feu traverserait l'axe horizontal de l'eau ? Dans tous les cas, il faut retrouver le dessin pur d'un corps et d'un monde. Je reconnais en lui un dessin d'eau et de ciel que j'attendais depuis ma naissance, quelque chose d'indéfinissable, comme le matin dans la douceur avec une île d'enfance de tout le corps.
Il existe un lien entre le langage des fonds sous-marins et les rivages des îles. Des correspondances imaginées qu'on déchiffrera demain.
Au cœur de l'étoffe de cette nuit, le rêve
Ce n'est pas par centaines, mais par milliers
Qu'il faut compter les juxtapositions de régions célestes
Ce n'est pas par centaines, mais par milliers
Qu'il faut compter les juxtapositions de régions célestes
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