Le long de tous les chemins, un cœur qui change est habité de mots, et les mots transforment sans cesse les idées, et le voyageur veut les saisir à chaque instant, toujours différentes.
Tout se combine et s'entremêle dans d'incessantes configurations. Il y a un horizon fermé par son apparence et il y a un horizon derrière l'horizon, ouvert en énergies. Des archipels se créent, s'inventent, se choisissent sur un support de clarté argentée, semblable à la pierre du visage qui les adopte.
Il nous faut rattraper ces chemins inédits qui fuient dans le paysage.
L'intérieur est en phase avec l'extérieur
La désorientation n'est qu'un état apparent
Un matin de pure lumière fait face à un paysage sur sa pente de nuit
Les formes mobiles et les couleurs changeantes s'agglutinent
Une autre rencontre est en préparation
Je veux dire qu'elle a quelque chose d'infiniment plus vaste
Comme un silence vivant indéfiniment répété
De regard en regard et de chair en chair
La saisie d'un paysage par l'imaginaire est plus vaste
Parce qu'elle est indéfinie et non délimitée
Ce paysage sensible court sous mes yeux
Ce paysage émancipé échappe à toute espèce d'ancrage
But suprême de la photographie : faire s'envoler la forme d'un moment.
L'infini n'a pas besoin d'un grand espace de manifestation, il se montre entre deux cheminées.
Tout proche est l'oiseau de brume blanche qui passe devant la lune pleine.
On ne sait pas ce que l'image veut que l'on voit d'elle. C'est avec une image voilée, que quelque chose d'autre se trame dans une continuité sans fin.
L'éveil de l'aurore s'inscrit dans un cercle
On touche ici une vision intérieure
Et non pas la réalité observable
Nous voici à l'amorce d'une nouvelle expérience de la forme
L'imaginaire s'incorpore au réel
Et le réel s'accomplit dans l'imaginaire
Par le truchement de l'attente silencieuse
D'une lumière au milieu des ombres de la nuit
Mes images et mes sensations se sont faites ici
Et cela par la décision invisible d'un centre
On est toujours pris au piège avec ces lignes de fièvre
Entre le crépuscule et l'aurore la lisière est étroite
Je cherche avec les mains et avec les yeux du silence
Le calme de l'instant pour y planquer mon île, ma chambre, mon dessin
L'eau qui s'enferme dans la lumière recrée le lien avec l'immatériel
De la forme unificatrice et inspiratrice
Est faite à travers des retours successifs
D'une alternance de blanc, noir
Et de blanc, or
Il n'existe aucune ligne de partage
Car tout est sacré
les mots arrachés à la page noire bondissent dans le blanc. Est-elle enfin arrivée l'aurore virginale, qui nous rendra à notre individualité, à notresubjectivité ?
Un texte-poème fourmillant d'idées, d'utopies s'écrit dans le désordre. N'attendez pas aujourd'hui que je le coordonne, l'organise. De deux choses l'une : je l'écris ou je romps l'alliance. Que croyez-vous qu'il arriva ?
Il s'agit de creuser l'étendue intérieure, pour lui faire rendre en quelque sorte ses formes de pensée, ses formes de parole.
L'enfance est brève, instantanée.
C'est comme une caresse des nuages, afin que naissent des douceurs de l'air.
On voit comment le corps
Trop intimement lié à son enfance
Contient à chaque instant la douceur de sa tristesse
Tout se complique
Quand il s'agit de naître
Car cet acte de reconnaissance
Multiplie par plusieurs millions
Les millions de formes célestes qui existaient déjà
Il y a des couleurs dans le ciel qui courent se cacher derrière les nuages.
L'enfant dans l'homme s'arrête soudain. Pourquoi ? Et contre quel obstacle ?
Que sait-on de l'alliance vivante idéale ?
L'enfance lumineuse et claire est effacée du monde au lieu d'être projetée.
Les nuits de l'enfance lancent au monde bien rangé des grandes personnes, le dernier or des étoiles qu'elles ne peuvent ou veulent apercevoir.
Des oiseaux de papier font une échappée en enfance douce et libre vers les galaxies que j'imagine.
La délivrance dans l'évasion peut changer les images à l'infini.
Le lieu se déréalise avant de se renouveler dans une prolifération de contextes possibles.
J'ai l'impression de respirer le vent du large, bien que mon île soit entourée par la terre et non par l'eau.
J'en suis arrivé moi même à chercher une échappatoire du monde réel. Sans connaître l'exacte distance entre l'origine et l'extrême, je n'en ai pas moins le sentiment d'avoir communiqué mon rêve.
La plage fait courir les sables invisibles
La vitesse absorbe la trace d'un pied nu qui s'élance
Les bleus intérieurs, ou ceux des îles ? Lesquels sont les premiers imaginaires de l'été ?
Le bleu liquide de la nuit n'est pas moins brillant qu'une pluie ensoleillée.
Le bleu de ce lac de montagne vient peut-être d'un autre premier commencement de l'humanité.
Des oiseaux tracent leur chemin d'aube sur le bord des nuages.
Ce sont les chemins de l'inédit, de l'inattendu, de l'imprévisible.
Qui sait lire au travers des songes voit s'ouvrir une étoile dans sa main. Cet homme -là est le plus heureux de tous, car il veut croire que toutes les étoiles du firmament agissent en gardiennes des mondes.
Les espaces émouvants de ce monde insolite, qu'une promesse de la nuit me fait en moi, en ce dedans de moi, rappellent à leur aspect un délit de fuite, un bond dans l'ailleurs.
Ici a constamment besoin de n'être pas ici, mais ailleurs.
Il faut être très loin, ailleurs, pour sentir que rien n'est loin, que le loin n'existe pas.
qui invite à la course éperdue
Des rivières et des signes éblouissants
Le premier lieu dans l'eau du matin
Transforme sans cesse en lui-même la lumière
Et le regard comme s'il s'éveillait d'une île lointaine
L'eau est le premier regard de la terre vers le ciel
Et le ciel est une circulation infinie de regards vers la terre
C'était l'instant de la grande migration. Les étoiles restées en attente se trouvaient dans une barque très étroite et longue, blotties les unes contre les autres dans le froid. Ensuite, le royaume de l'étendue les prit entre ses doigts et il les regroupa dans le ciel de la terre.
Cette vision des premiers âges du monde ne s'est pas retirée. Ainsi, chaque imagination individuelle touche de près et à l'essentiel d'une vie spiritualisée extraordinaire.
Le monde des nuages porte la marque du rêve et dépasse l'horizon de la simple vue.
Notre imagination est à l'écoute de cette présence vivante de nos frères nomades.
Tous ceux qui veulent aller vers une route étrangement lointaine, et cependant quelque part, au-dessus ou en dehors, jusque dans leur être le plus intime, tous ceux-là feront éclater d'un seul coup l'espace-temps qui les entoure, à partir d'un tracé de trous.
Pour comprendre le mouvement
De l'intériorité du monde vers l'extérieur
Il faut rendre le visible à son invisibilité
Il ne doit plus y avoir discontinuité, décalage, asymétrie
Entre l'herbe, la lumière et le vert
Sinon les fils de l'aube risquent de s'emmêler
De l'autre côté de la source
En haute forêt, le soleil est un mode de présence différent : le soleil est eau.
Ma main s'inscrit dans une image d'écriture
Elle est entraînée par ce que j'ai à dire
Dans la nuit nostalgique et colorée des mots
Image par image
En prenant un crayon
Je peux vous le dire
Je m'approche pas à pas
D'un point d'accès secret
Et je vis une seconde naissance
Pour écrire
Trop de fois, j'ai perdu le point de fusion, prêt à accepter l'univers de jouissance des matériaux qui ne doit pas me prendre. Mieux vaut assurément prendre la fuite devant le monde sans l'Autre, vers une voie adjacente, que de s'installer en sédentaire dans le conditionnement logique d'autrui.
L'éveil difficile et trouble de l'ordre fondamental de la société
Quel ordre ? L'ordre de qui ? L'ordre pour qui ?
Il faut fuir, toujours fuir les signes visibles de cette menace
J'ai toujours préféré les formes floues, non inscrites, aux formes stabilisées.
L'image nette, précise, est une image fixe qui a perdu sa profondeur initiale.
Ce qui fait l'objet artistique, c'est qu'il est transmutable.
Toute matière porte en elle une grande variété de formes incroyablement neuves.
La forme courbe est la voie privilégiée de la ligne pour accéder au cercle.
La réflexion d'un autre éclat de lumière la reconduira vers le point initial.
Avant la naissance
Avant la terre de notre voyage
Qu'est-ce qu'il y a ?
Il y a un cercle de lumière rouge
Et peut-être aussi de la couleur en rêve
Il y a l'envie, l'envie générale de peindre
Le ciel de notre couleur
Que sont devenus tous ceux qui cherchaient entre deux jours de pluie les îles bleutées de l'archipel anténatal ? D'abord dans les forêts et au sommet des montagnes, puis, peut-être dans les enchantements d'un royaume étrange.
Nous ne savons pas où se trouve le lieu de l'émergence. Dans des forêts d'algues sous-marines, ou bien dans de lointaines galaxies ?
Nous nous sommes rencontrés parmi les arbres avant de nous reconnaître dans les dessins du ciel, très au-delà des voix et des expressions du cosmos.
Le mal d'aurore, c'est comme une pluie du dedans.
La pluie noire de la nuit a le goût du chagrin.
Et après ? - Après, on vit avec l'informulable. On en guérit sous les couleurs du blanc, ou on en meurt.
Les étranges constellations, ça ne s'explique pas. Personne n'en sait rien, c'est au-delà de l'imaginable.
La mer du monde est un matin d'espoir. Sinon ici, du moins à quelques millions d'années-lumière de là.
Casser l'image de la barque noire, ce serait briser cette révélation d'harmonie. Que sais je encore ? Dériver ?
Une forme intemporelle, éternisée recouvre tout ce qui n'a pas trouvé sa place dans le réel.
Les yeux pirates d'un chat tigré blond roux, observent mes nocturnes. Ils sont la sève de l'ombre pleine des traces d'une île perdue. Les yeux du chat, surtout le soir, ressemblent à ceux d'une mer céleste.
Les paysages célestes, perçus dans l'œil du chat, nous entraînent en un instant vers des destinations étranges. Peut-être s'agit-il d'une mise en présence extratemporelle des traces les plus profondes de l'indéterminé.
L'immanence extérieure recèle toutes les formes d'abstractions, y compris la visite d'un vaisseau venu de l'au-delà.
La lumière se cache dans le noir
Puisse-t-elle nous donner son propre corps
Dans lequel nous voulons être avec elle
Comme dans une arche d'alliance
Les lointaines lumières illuminent le secret des clairières et l'onde magique des étangs.
Elles se portent à notre rencontre pour s'unir à nous afin que nous les réintégrions.
Si on laissait entrer les mots dans les images et si on laissait entrer les poèmes dans les objets, il est probable que plus personne ne pourrait ignorer le mythe de la forêt préhistorique peuplée d'êtres fantastiques. Le temps est loin cependant où le fabuleux se mêlait au réel. Qui aujourd'hui fait appel à cette terre imaginaire ? Qui la laisse naître librement ?
Il existe des réalités plus profondes et radicalement différentes, qui se cachent sous les apparences. Il n'empêche que de nouveaux mondes, de nouveaux peuples du ciel seront découverts.
Quand la porte de l'horizon s'ouvrira et que les lumières de l'aurore raconteront leurs voyages au-delà du noir galactique ; ni les rêves, ni les mondes ne s'achèveront au-dessus des hommes, plus haut que les terrasses superposées, le grand escalier et le temple au sommet.
L'infini indifférencié a fixé par avance la voie que devront emprunter les images de sable et de soleil durant leur voyage dans les couleurs. Et s'ils n'existèrent jamais, les neuf fleuves de la cité souterraine offriront sous tout ce vert de surface une prise au septième jour de vent.
Le flux d'idées et de liberté improvisatrice sera tellement profond, que nous ne pourrons plus nous taire. Celui-ci dira "Tau Ceti", l'autre "Beta Hydri", et nul ne saura ce qui est arrivé à l'étoile de Quetzalcoatl, ou peut-être à l'oiseau du temps qui tient l'étoile, ou peut-être à autre chose...
Tout n'a été que rêve.
Du fond de toi, Quetzalcoatl, de nous, d'une origine commune.
Un monde en devient un autre
Pour habiter simultanément trois pays :
Celui de l'eau, du vent et de la nuit
Lorsqu'il rouvrit les yeux, Topiltzin répondit : ce n'est qu'en "Celui qui parle", par delà la grande mer du levant, que nous pourrons atteindre l'invisible dans l'origine. Projette-toi sur un point, quelque part au-delà de la nuée, dit le serpent-oiseau, qui jeta un regard circulaire sur les Pleïades. Ferme les yeux, Topiltzin, ferme les yeux et tu auras les sables de la mer, et, si tu sais dessiner le glyphe de la lune sur sa pente de présence universelle, il te portera dans un vert qui peut être d'aube. C'est vers lui que se dirigent, par la nuit froide, tous les univers possibles. Que cherche cette voûte de nuit sous les vents de sable, sinon de l'écriture? De quoi s'inquiète -t-elle, sinon d'écriture ? pourquoi risquerait-elle ses plages d'infini où palpitent des lumières, sinon pour de l'écriture ?
Et c'est vrai que le mot "mot", au contact des lèvres, s'adapte exactement à quelque chose d'indéfinissable qui prolonge l'oblique des vagues vertes ou violettes. La mer ! C'est l'enfance de l'être, toute en yeux. L'enjeu est sa source.
L'attrait de la mer prend sa source dans le bassin maternel
La mère est dans l'enfant le chemin de la mer, le désir de la mer
Ce n'est pas la lumière qui prend une direction, mais l'inverse.
La couleur bleue est encore sous l'influence
D'une impossible réunion aux états multiples de la tempête
Pas un souffle d'aurore, le silence
Il y a là l'ouverture d'un lieu secret
A partir de cet instant
Quelque chose me dit que ce miroir d'eau
Renferme peut-être un paradis
Une façon d'aimer, la façon d'aimer
Une lutte contre l'oubli a commencé
Mieux qu'une grotte
Dans l'antique forêt des enchantements
La nudité d'une plage est un moyen rapide
Pour gagner l'autre monde
Bonsoir Claude, comment vas-tu? Toujours intéressant de lire votre écriture. Bien fait.
RépondreSupprimerBonjour Trevor, je suis content de t'entendre. Je retrouve par le biais de ce blog quelques anciens correspondants de l'époque google.
SupprimerBonsoir Claude, comment vas-tu? Toujours intéressant de lire votre écriture. Bien fait.
RépondreSupprimerJ'espère, mon ami, que nous collaborerons prochainement sur YouTube.
SupprimerCher frère, je suis heureux de voir que tu continues de laisser une trace de ton art.
RépondreSupprimerC’est un monde plein de médiocrité et d’indifférence.
C’est pourquoi nous avons besoin de vos poèmes, de vos sculptures, de vos photos.
Nous ne devons pas perdre espoir et espérer que la roue de la vie recommence à tourner.
Je te fais un gros câlin.
Ton frère,
Marco
Je te souhaite tout le meilleur Marco ! Pour sortir de cette impasse, il faut écrire, inventer sur les murs de nos appartements. Pour une idée, rien que pour une idée. En pianotant sur notre clavier, nous participons, à l'intérieur même d'un espace virtuel, à sa sensibilisation.
SupprimerJe t'embrasse mon frère.