L'activité des nuages renferme parfois des figures cachées,
qu'il appartient au ciel profond de rendre lumineuses.
L'expression de multiples éclats de souvenirs
résulte de la recherche errante des nuages du soir.
Il ne s'agit plus désormais d'enfermer le regard dans un espace trop restrictif qui le limiterait à des relations purement externes et contingentes.
L'erreur consiste à vouloir replier la réalité au rang de simple apparence, dans laquelle ne feraient plus apparition les autres réalités.
Les temps rationalisés sont des temps étrangers et indifférents aux champs d'ombre légers qui nous caressent.
Quelqu'un s'est-il imaginé Gaïa la Mère-de-tous, comme une idée en marche et en construction ? Pourtant elle est là, partout présente, qui rayonne en aurores et communique avec nous par les feuilles des grands arbres dans un langage rêvé.
Le désert est absent du monde, croyez-vous ? Les dunes bleues de la nuit pure du désert entendent la mer.
Vers le fil invisible j'ai les yeux levés
Vers le fil invisible entre le manifesté et le non manifesté
Vers le fil invisible entre le manifesté et le non manifesté
Je veux dire la révélation totale de la mer !
Je veux dire la vérité totale de la mer !
Je veux dire la vérité totale de la mer !
Les peintures des cavernes ont établi des rythmes, des correspondances, des rencontres. En chaloupant ainsi vers ses murmures intérieurs, l'artiste-prêtre peignait le visage intérieur à mettre au monde. Le dessin pur d'un corps et d'un monde prenait forme sous les surfaces de lumières changeantes du sien. L'extérieur de la paroi s'ouvrait, comme pour livrer passage à l'étreinte verticale d'un grand voyage droit. Sa main glissée dans celle du courant, il tirait à lui la surface de l'enfance et commençait à inscrire l'éveil de l'aurore dans un cercle d'étoiles.
C'était il y a longtemps et, en ce temps-là, la nature de la grotte-ventre changeait le noir de la nuit en signe d'eau-esprit. Mais après, que s'est-il passé ? Le passage de la caverne vaginale à la soudaine fulgurance de l'être a refermé l'état premier ou état de nature. Ici s'arrête le secret des feux propulsifs d'une lumière née de la lumière sous d'autres soleils.
Le visage blanc et blême de cet astre ne résistera pas au vertige de la pluralité des mondes.
Nous ne sommes pas seuls dans le ciel. Des ombres menaçantes peuplent nos pluies nocturnes.
J'eus tout à coup la sensation que les mots du poème étaient alignés sur d'étroites terrasses et que chacune des bribes de la phrase décrivait une courbe douce. Je pouvais les prendre dans mes mains et sentir l'odeur de la mer sur leur visage et sur leur corps.
L'intrigante visiteuse de lumière réussit une nouvelle fois à m'absorber, à me reprendre en elle et, s'entourant d'un éclair aveuglant, qu'elle avait reçu de cet éclat de nuit, elle attacha avec ce même lien le premier instant de notre première rencontre. Mais, comme cet éclair de feu était tombé des étoiles, voilà qu'en moi se cristallisa soudain une île en feu, ou du moins, je ne savais quelle trace de lumière qui dépendait moins de l'élan vers le ciel, que d'une étrange relation entre la mer des soleils et l'océan de la nuit.
Tout ce dont nous avons rêvé ne s'est jamais réalisé. Les heures éperdues s'évanouissent et meurent. Je ne crains pas les regards secrètement désenchantés car ils sont infiniment plus près des moments de vraie beauté.
La voyageuse secrète est dans tout, même au-delà du temps, de la distance et de l'écoute.
Les jeux les plus magiques sont les jeux créateurs d'une sorte de circuit entre nous.
L'espace est à remplir de mouvantes et émouvantes mers océanes.
L'espace n'est jamais assez plein de mondes nus et mouillés de bleus.
Le presque éternel, c'est l'idée selon laquelle tout ce qui existe participe de l'intégration de l'esprit dans la matière.
Insaisissable lumière de l'esprit ! Notre vie est de nous et elle n'est pas de nous, puisqu'elle vient de plus loin que nous. Comment ne pas croire, pourtant, à la rencontre métaphysique, par-delà nos frontières et nos murs, de la mer et des étoiles ?
Où est Dieu ? Dans quelle direction ?
Quel lien entre Dieu et l'homme ?
Dieu n'existe que dans le voyage
Et il y a autant de chemins que de voyageurs.
Et il y a autant de chemins que de voyageurs.
Les îles s'écrivent en lettres de feu sur la mer.
La verticalité dynamique de l'arbre, c'est d'abord un éveil, une présence, une ouverture à la forme de l'air vivant qui se déroule, s'enroule et se déroule à nouveau.
Ce monde est un autre monde et la vie reviendra.
Le contact cosmique est si profond qu'on peut l'entendre en force, en vie, en mystère.
L'île secrète et personnelle que chacun porte en soi traverse une succession de mondes inconnus.
L'île est le commencement de la mer, donc le lieu de rencontre de l'éternel et de la temporalité.
Je parcours des yeux ce moment où les îles et les terres se réfléchissent, se correspondent.
La nuit n'a pas de pays, la nuit est une pensée.
Il manque des arbres à la place des murs pour ouvrir le domaine de la nuit.
Et nous, qu'avons-nous découvert,
de dessous la chair bouleversée,
en existant pour le monde ?
La nostalgie du grand territoire nous hante et nous accompagne.
Où, quand, comment reconstituer les jardins disparus ?
Toutes les enfances sont murées.
Toutes les rives sont surveillées.
Partout nous sommes séparés l'un de l'autre par les terres reconnues de l'ordre établi.
C'est sans doute lorsque l'amour intervient par surprise, par effraction que tout peut être changé de ce que nous sommes et faisons.
Une mince fente d'écarlate laissait échapper un ocre rose où se mêlaient et s'entremêlaient sauvagerie et virginité. C'était la première fois qu'il respirait l'odeur salée, l'odeur marine de cette chair ouverte comme la mer d'une île tendrement noire et doucement désespérée.
La lettre A est obstinément noire dans l'infini bleu des marges. Partant de ce constat, nous mettrons le A cerclé tout près de la clarté.
Au centre du cercle la lettre A.
Elle et aucune autre.
Et si le temps n'était pas le temps ? Mille voix exhortent l'enfant de la fièvre à partir seul à la recherche de cet inconnu de rêve et d'aventure.
D'abord éprouver, ressentir un temps vécu dans l'enfance comme un rapport éternel.
La proximité du transcendant informe le sensible immédiat
et lui dévoile l'existence du cosmos intérieur.
et lui dévoile l'existence du cosmos intérieur.
Ici, dans cette qualité du silence, un autre regard de l'étoile est né, qui a donné chair à l'impossible.
Les barrières galactiques n'existent pas.
Le ciel retient son souffle : un monde c'est tous les mondes !
La rencontre sur une plage de la mer et de la terre bouleverse l'état présent. Rien n'est arrêté mais il y a des paysages qui s'effacent pour ne demeurer visibles que par l'esprit de poésie.
Tout ce qui vit se coule dans le tout universel. Joue, agite-toi sur cette terre, étrange dyonisien de la joie et des sens. Ce foyer lumineux confère aux ombres du sensible l'élan où tout s'équilibre vers la lumière.
L'existence même de ce brouillard vaporeux est métaphysique. A elle tous les déplacements hors de l'espace et du temps.
Être humain c'est être lié aux verticales du feu
et à l'essence violette des ciels lointains.
Toute programmation du monde arrête l'idée du monde.
Les étoiles et les dieux, ça ne s'explique pas.
Il n'y a rien à comprendre et tout à ressentir
Il n'y a rien à comprendre et tout à ressentir
L'extérieur de l'extérieur s'avère lui aussi totalement inconnu.
Contrairement à l'image du cercle, qui unifie les deux pôles extrêmes de la même matière spiritualisée, l'image du carré reste associée à l'idée de limitation et à l'opposition dedans/dehors.
Le carré ne peut s'arracher à la totalité de sa forme et ne peut donc s'unir à l'infini.
Je présume qu'il y a quelque vérité dans l'intuition sensible d'une réalité supérieure sous-jacente, qui ne serait ni spatiale, ni temporelle, mais le lieu de l'Autre et de la grande idée de l'Amour.
Tout se passe comme si l'eau était le regard de la terre que plus personne ne regarde. N'allez pas me demander pourquoi, je n'en sais rien ; peut-être que nous n'écoutons pas assez les rêves, peut-être que nous n'aimons plus les mots, peut-être aussi que nous ne pouvons plus faire machine arrière. Pourquoi, pourquoi... Est-ce que je sais pourquoi il y a deux sortes d'hommes : les voyageurs et les autres ?
Les fanatiques de l'ordre et de la propriété ont rempli l'univers de chemins hasardeux, de rencontres douteuses. La pointe avancée d'un espace d'aventure perdu est perceptible partout où est écrite la règle des puissants, des forts.
L'Autre, c'est ce que nous ne connaissons plus. Noires , les idées pleines des traces d'une terre perdue. Il y avait une participation primitive qu'on appelait Enfance. Les commencements, les départs vers l'Absolu sont en morceaux.
Les rêves brisés portent bien au-delà de l'aspect le plus frappant de leurs tristes royaumes.
Les étoiles ne sont que des moments de lumière, une suite de mondes éperdus.
L'exil des étoiles dans le monde extérieur est particulièrement manifeste dans ce blanc éblouissant.
J'entends, je vois la signature musicale d'un couple d'étoiles.
Est-ce qu'un monde parallèle s'interfère au nôtre ?
Les nuages ont un souffle, une inspiration, un esprit.
Il est dit dans le Livre des Invasions, que le Peuple de la Déesse Dana arriva porté par des nuages obscurs. Les Hommes de ce Peuple étaient en relation avec les forces de l'Autre Monde et voyageaient dans les nuages.
Ouvrons grands nos yeux vers ce ciel pénétrable, transparent.
Derrière chaque ciel, il y en a un autre.
Cinq cent ans avant Christophe Colomb, les Mixtèques, dont les ancêtres selon la légende, étaient descendus du ciel, se proclamaient "le peuple des nuages".
Le couplage d'un mystérieux royaume de l'espace et des royaumes du vent
constitue une revendication spirituelle.
constitue une revendication spirituelle.
La civilisation humaine est un être particulier dans cet océan d'étoiles très compliqué et très complexe. Mon propos n'est pas de parvenir à des hypothèses explicatives. Mais il n'en demeure pas moins que cette quête de sens est rattachée aux pouvoirs de la poésie, de l'irrationnel et des pulsions naturelles de l'homme.
Si l'expression errante de ces lumières intelligentes est devenue un phénomène, c'est uniquement parce que la conscience du témoin l'a objectivé. Il est important d'être conscient de la réalité de cette communication fusionnelle.
Le vocabulaire technique de l'image matérielle est forcément distinct de l'image mentale, qui postule la primauté d'une idée, d'une vision ou d'une spiritualité.
Un chant unique, cela commence par l'éternité de la forme dans le temps intérieur de l'individu.
Notre vie est de nous et elle n'est pas de nous, puisqu'elle vient de plus loin que nous.
Comment faire comprendre cela ? Notre vie est à nous, ou bien elle ne l'est pas.
Les heures du matin resplendissent le temps d'une parole et d'un souffle.
Une fois l'être-là saisi, un tout petit point de lumière peut encore s'élargir.
Poursuite, découverte de la pluralité des sens.
Le nom écrit, assumé des êtres et des paysages et la Vie profonde possible n'ont rien pour s'entendre.
Il- lui- l'homme- moi- je suis le vivant de plusieurs pères, mais d'une seule mère au monde, son odeur, sa voix, ses caresses.
L'aurore dans la tête suit pas à pas, rêve à rêve l'aube dans le cœur. Pendant ce long voyage, le développement de l'œuf en embryon, puis fœtus, puis enfant nous entraîne dans un univers de merveilles sans cesse plus petit. Comme le pollen des fleurs profondes, la rive opposée est une longue distance à parcourir. Pour entrer en résonance avec elle, il faut passer par l'infini de ses multiples identités.
Où est-elle allée ? Dans quelles rencontres rêvées, jamais réalisées s'est embrumée cette nostalgie d'une langue unique originelle ?
Les bras nus de la forêt retiennent un fragment d'éternité échoué en marge de la terre.
La nuit fraie son chemin dans le corps tendre du désespoir,
mais la douceur des larmes ouvre aussi des fenêtres enchantées.
L'eau bleue, on la caresse avec les yeux comme un moment d'amour
qui ferait resurgir la ligne de lumière la plus émouvante où le ciel et la mer se rejoignent.
Le noir et le nu sont de vrais constructeurs de lumière.
Ce qui m'importe le plus, c'est la réalité émouvante de la chair. A partir de là, il n'y a qu'un pas jusqu'à l'élan d'amour incontrôlé. Il s'ensuit des abîmes de tendresse.
En un clin d'œil, la surface vivante du corps est éclatante de nuit
La danse circulaire des hanches quand vient le court message des yeux.
Il y a encore bien des réserves de tendre dans l'encerclement de l'onde
indécise qui déshabille le corps et coule lumineusement noire sur la peau.
Le corps a une âme, parce que chaque femme croit attendre quelque chose d'unique.
L'âme a un corps, parce que les hommes croient entrer dans une femme.
Ensuite vient le désir d'amour animal qui embellit le pays de leur sang.
Le corps ne voulait être que voie et passage ; pouvait-il se douter qu'il aurait une âme ?
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