Les images s'insèrent entre les mots, les phrases, les idées. C'est d'elles-mêmes et non des circonstances de l'écriture que naît le matin vierge de mondes qui va les enlever, les transporter.
Le temps d'hiver est l'ombre qui donne son ombre au refuge du sein maternel pour renaître différent. C'est du moins ainsi que l'on peut concevoir l'enfouissement et la réintégration. Mais dans quel monde vit le temps d'hiver ? Loin, très loin de ses cris de la lumière. Il est dans la membrane fœtale mais il n'est plus le premier écran de tous les films du monde.
Si nous cherchions un peu plus loin, à peine, nous trouverions des couloirs d'accès aux couleurs et aux lumières du corps dans une nuit ensoleillée.
L'eau de la nuit veut faire disparaître ces tourments et ces craintes irrationnelles de la terre, qu'elle a toujours rejetés.
Je veux revoir le pays où nous nous sommes aimés d'enfance. Quand l'union des deux rives, l'une dans l'autre, ne faisaient plus qu'une.
Nous tendrons aussitôt notre main droite et l'ouvrirons, montrant un vitrail enfanté dans le bleu d'une source commune.
Rien n'est certain dans ce monde mais tout est possible
L'instant d'un regard arraché au temps dispersé
Dans la conjonction des ombres du sensible
Il y a des regards qui nous invitent et nous attirent
Comme une entrée d'un autre monde
Ce n'est pas la terre qui monte au ciel
Ce n'est pas l'ici qui est ailleurs
C'est l'ailleurs qui est ici
Pour faire descendre le ciel sur la terre
Un matin vierge arrive sur la pointe des yeux
Rien ne surpasse ce visage du matin créé par le pur sentir
Les yeux de la mer ne sont pas explicables
D'un seul coup, ils se mettent en bleu
La mer rejoint sa falaise
Dans cette ultime seconde
Où l'effondrement de l'une
Offre une nouveauté de lumière à l'autre
Le déclin extérieur des lignes d'ombre annonce la mort des mers. Mais elles, se sachant condamnées, ne veulent plus l'absurdité suicidaire d'un ciel bas sur la plage. Il y a un besoin d'infini en elles qui cherche leur chemin d'étoiles et leur caresse du ciel. Où aller, où retourner sans cesse sinon au matin de leurs aspirations vers le beau ? Il n'était qu'une chambre : la chambre de l'eau céleste. L'eau des yeux de la mer est le grand point. L'aube ne peut l'ôter de ses paupières.
Dans tous les royaumes des fins, comme il y a l'île des naissances, il y a l'île des aboutissements.
Je m'affirme panthéiste, parce que l'accomplissement métaphysique de l'homme croît dans l'espace spirituel vers une mystique de l'immanence.
Le dernier rayon du soleil réfracté à l'horizon a rêvé du vert. Le rêve d'une grande famille de lumière n'a pas d'autre origine. Ainsi surgit une aurore oubliée en proie à une profonde solitude à l'intérieur du temps.
J'aime le silence et le secret des clairières. C'est ainsi que revient avec ses espoirs et ses peurs la foi native de la forêt spirituelle. Un éclat de nuit éclaire soudain l'entrée de la très rouge et très secrète cellule germinative de l'être.
A partir de cet instant, quelque chose me dit qu'il n'y a pas un lieu de la rencontre, mais plusieurs : toutes les faces, toutes les surfaces du regard sont possibles. Ce qui fait que je ne sais plus vers où tourner mon regard, tellement l'intensité des silences déplace.
Je suis venu seulement pour rêver un court instant. Tout n'a été que rêve. Excepté, peut-être une poussière de soleil improbable, en somme, qui a pourtant existé, entre des prairies d'algues vivantes et l'écrit sur le rocher. Seul subsiste l'esprit d'alliance entre les libertés et la révolution de lumière des mots pierre et des mots chair. Je m'enfonce et disparais comme un noyé ! Une île s'est enroulée en rond sur le ventre de la mer, comme une du dedans.
C'est dans des chemins de pluie que j'aime entendre le bruit des pas.
La nuit est emplie de dialogues silencieux qui n'ont pas encore trouvés ce qu'ils cherchaient dans la brume des origines.
Les lumières les plus subtiles sont depuis longtemps amoureuses des pays de la nuit.
Il y a dans chaque recoin de l'espace une lumière qui cherche son chemin.
Tout devrait être impossible et lointain. De deux choses l'une : ou bien nous venons des mers de l'espace, et maintenant n'est pas maintenant mais avant ; ou bien nous ne sommes pas encore venus au monde, et ici n'est pas ici mais ailleurs.
Nous venons au monde de l'enfance, au monde de l'innocence pour une recherche de l'autre ou d'autre chose. Cela nécessite une recherche sensible, une tentative individuelle et, par conséquent un acte de libération.
Presque tous les éclats de nuit
Sont des regards qui tremblent
Devant une lumière merveilleuse
Là où il y a deux êtres et l'amour
Il y a un chemin de lumière
Il n'est qu'un lieu où tout arrive
C'est la clarté imprécise, secrète, imprévisible
Prélude à l'harmonie native des regards
D'un côté, nous ne connaissons que ce qui est connu de tous. Et de l'autre, l'imagination fait naître ce qui n'est pas encore. Quand les hommes du futur iront vivre sur les autres planètes ; pensez-vous que leur terre lointaine sera un nom oublié ? L'aube orange et bleue de leur maison natale aura-t-elle disparu depuis longtemps? Une chose est certaine cependant : le monde des hommes se reconnaît dans ce rêve des étoiles et n'a de désir que de se confronter à l'extrême Absolu. Une image instructurée ressort donc tout particulièrement qui désigne la nostalgie du Ciel. L'Être unique est le Rêve essentiel des hommes. Contraints de monter vers l'Autre, ils risquent un regard à l'intérieur de l'intérieur et, dans ce dedans du dedans, la rupture du cordon originel est constamment différée.
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