Ce que l'objet poétique veut dire est au-delà de la nuit des mots et c'est dans cette sphère artistique que réside son indéfectible altérité.
Il s'agit de restituer entre ces jeux d'ombre et de lumière ce que peuvent être nos chemins intérieurs.
La surface maternelle des mots est comme un éclat de soleil à la surface des vagues.
Ce sont les couleurs de feu que dévoile le mot, nu sur le papier, et ce qu'il y a au-delà de lui même.
Tout est porté par le nu et par la chair.
C'est à la fois l'aboutissement esthétique et métaphysique de la liberté native jointe à l'extrême douceur du silence.
L'esprit de la nuit appartient à une partie infime d'individualités solitaires, dont la beauté convulsive s'inscrit dans des couleurs sordides et fascinantes en même temps.
Les arbres courent sur les berges. Plus je les regarde, plus leurs ombres me semblent lointaines et incertaines. Que sait-on de la relation des arbres et des étoiles ? Les arbres parlent dans la nuit fraîche des langues inconnues. Ils parlent aux étoiles dans un langage qui reste à découvrir. La pensée de la source, de toutes les sources s'enroule à leurs rêveries. D'entre toutes les formes de la nuit, le vent qui coule entre les arbres est un infini de mystère. La sculpture de l'arbre respire et fait naître la respiration poésie.
Toujours celui qui fait d'un mur une fenêtre continue quelque forêt initiale qui préexistait.
Nous avons la garde de la Terre, hors de quoi il n'y a plus de commencement, plus de départ, plus d'aube. Le tracé clair de l'espace décline des camaïeux de gris sur la matière invisible qui habille l'être physique. Quelque chose peut-il être logé dans les étoiles en feu ? Dans ces nuées de lumière, il y avait l'antique paysage aux sourires merveilleux. Ce qui n'a pas été appris au début de la vie est définitivement perdu.
Le mouvement invisible des signes évoque aussi bien la garde de la Terre que le départ vers les étoiles.
Le mouvement invisible des signes est l'oreille de la vie intérieure des formes.
Tout semble relié par un cordon ombilical subtil : le sensible, l'intuitif, le spirituel se transforment en autant d'échos de l'espace.
La vie avant la vie exerce sur moi plus de fascination que l'idée obsédante de la vie après la mort. D'autant plus que l'être vit, dans sa concavité matricielle, le passage de l'état embryonnaire à l'état fœtal, avant d'entrer littéralement dans ce qu'il crée, de la matrice à l'air libre. Nous sommes en suspension entre deux démarches d'esprit.
Dans le secret de la nuit, l'étoile et l'île s'accomplissent l'une l'autre. Mais demandons-nous plutôt de quelle île deviendra-t-elle l'étoile. Où sont les couleurs, les formes, la lumière de cette étoile-île inversée, de cette étoile-île à l'envers ?
Quel est ce rêve des ombres où s'entendent les couleurs ? Les seules formes qui y parviennent sont celles de la nuit.
Imaginons deux étoiles se précipitant l'une vers l'autre, venues de deux points du ciel pour se rejoindre. Et après ? Après, elles disparaissent. Il serait une fois ou plusieurs fois le lieu du regard. Il manque des arbres à la place des murs pour ouvrir le domaine de la nuit.
Il y a deux rapports à la réalité : l'un est physique et l'autre, métaphysique. La vie profonde possible et le nom écrit, assumé des êtres et des paysages n'ont-ils rien pour s'entendre ? Mers et murs ou liberté des mers et des vents ?
Tandis que la lumière frappe les murs
Son ombre se projette sur les mers
L'aurore aux larges sourires est moins brillante que l'ondoiement nocturne de la mer matricielle
La mer apparaît au plus intime de son immense regard bleu, comme un corps de millions d'étoiles.
Les pluies de fleurs n'ont rien à redouter de ces eaux sombres. Peut-être que si l'on ajoutait du silence vivant, on obtiendrait un frémissement de tendresse.
Tout n'est pas découvert. Chaque nuit, on ajoute quelque chose par la pensée.
Il est des nuits bouleversées
Dont le souffle mouillé se perd sur le sable
La nuit n'a pas de pays
La nuit est une pensée
Mais en attente de quoi ?
Que sait-on de la douceur de ses larmes ?
L'île-corps des amants est toujours en voyage
Entre des brisants opposés
Que sait-on de sa rencontre émotionnelle
Avec les parallèles des vagues ?
L'esthétique de l'amour recèle un mystère
un secret qui git au cœur de l'invisiblement visible
La nuit a murmuré des couleurs que personne n'a saisies
Excepté, peut-être, le blé lunaire offert au vent caressant
L'eau noire de la nuit exprime au mieux, en pulsions
Les images écrasées de silence
C'est dans le cadre de cette nuit pénétrante que se déchaînent nos envies de repartir vers la mer ou vers le ciel, les planètes. Il me semble important que cette quête de sens vienne de la cellule germinative de l'être, que ce soit en cet instant précis, le corps intérieur qui sorte de lui-même cette concavité matricielle de l'oubli. Le lieu de l'émergence, je crois, relève d'une autre émotion humide de la chair et d'une autre écoute de l'eau endormie, et précisément plus endormie. C'est lui qui donne la vie et les émotions de cette enfance de l'être dont il nous faut bien apprendre le langage longtemps rêvé en secret. Nous choisirons l'amour parce qu'il est la meilleure part du monde, notre infini.
Voici des étoiles presque fleurs sur la vitre du ciel
Les murmures de la nature s'envolent dans un brouillard vaporeux
Je me rapproche tout contre la vitre
Pose ma joue contre cette lumière de cristal
Et ferme les yeux pour mieux me remémorer
Ma rencontre avec l'inconnue au beau langage
Qui me souriait sur une île au milieu d'un grand lac
Le jour se lève sur la forêt
L'étoile formée par ma main caresse le ciel
Je n'ai pas de nom
Je suis venu juste pour entendre, voir, regarder
Tous les chemins de l'aube aboutissent à cet état fusionnel dans un même souffle de l'aurore.
C'est précisément ce qu'avait imaginé dans l'air opale la ronde des nuages.
La grande ombre verte de la forêt recèle le secret des chemins nomades, qui est ouvertement révélé comme étant l'apparence visible de l'invisibilité.
Il y a ainsi deux rapports à la réalité : l'un est physique et l'autre, métaphysique ; le premier étant l'éternel accomplissement de l'autre.
L'union intuitive avec la nature n'est pas un univers de rêve à jamais disparu.
Un rêve se réalise avant la naissance, et ce rêve transcende le clivage entre la multiplicité et l'unité.
Dans l'univers des chants de l'île
La mer noue avec le ciel des relations d'être à être
La mer et le ciel forment un couple vivant
L'enveloppe extérieure de l'indicible les lie, les rapproche, les éblouit
Mais beaucoup ne le voient pas
Il n'y a pas autant d'îles que d'étoiles
Où se trouvent donc les îles manquantes de la mer ?
L'aurore aux larges sourires est moins brillante
Que l'ondoiement nocturne de la mer matricielle
Au plus haut de ce paysage inattendu
Il y a des pierres remplies de silence
Qui portent vers la Voie Clarté
Je crois percevoir une voix
Qui appelle de la cité radieuse
Un passeur de ciel en ciel a fait son apparition
Il est celui qui vient de l'Innommé préexistant
La mer apparaît au plus intime de son immense regard bleu
Comme un corps de millions d'étoiles
Il faut faire l'ascension du poème
Pour se rapprocher de son corps parlant
Rêves Secrets
Les paroles du vent effacent leurs propres traces
Beaucoup en elles sont encore devant ce chemin d'étoiles, juste à côté de la cité de l'aube
Il se passe quelque chose cette nuit, mais quoi ?
Je n'ai vu que ce que je croyais voir
Le passage d'un corps à l'autre n'est pas moins bouleversant
Que le déchirement de cette grande ombre de la lumière
Quiconque s'est aventuré dans de longs couloirs obscurs et humides
Aimera le vent froid et silencieux plus que le désir d'un magnifique soleil
D'où vient l'inquiétante étrangeté de l'autre quand on l'embrasse ?
Tout, dans cette chaude présence de l'autre est amour en premier.
Mes lèvres s'efforcent de la toucher. J'ai mis ma bouche sur sa bouche et, par la douceur des larmes, je me suis fais celui qui glisse, qui plonge au fond de son ventre qui se creuse. C'est un éclat de liberté native, soudaine, totale qui se détache sur le noir de la nuit.
Le mot, le corps, le monde prennent toute leur vérité au travers du langage de nos caresses. Mais il y a une différence fondamentale entre le lieu du regard et le lieu de l'autre, le lieu du regard n'étant qu'une approximation.
Il y a deux mondes différents. Ici, l'eau fendue et là, les arbres profonds et sombres. Mais voici plus important que tout : l'existence de quelque chose d'autre s'ajoute aux éléments. Ainsi, pour pleurer vert l'arbre se change en rivière. Il y a deux sexes différents, il y a deux mondes différents. Et pourtant, l'un est l'autre.
Les hommes croient entrer dans une femme parce que l'âme a besoin d'un corps. Mais il y a autre chose, quelque chose nous serre encore plus fort. Chaque femme croit attendre quelque chose d'unique parce que le corps a une âme. Où ? Comment ? Dans quelle circonstance ? C'est la question à laquelle l'enfant de la femme, inlassablement, s'efforce de répondre.
Le point d'inconnaissance, c'est le mystère de l'autre.
Elle, elle qui est-ce ?
Il est l'heure d'un monde sans raison et contraire à la raison. Arrivé là, il me faut recommencer à presser contre moi des songes d'étoiles et de lunes échappés à l'immensité des ombres. Les fenêtres du corps chantent merveilleusement les couleurs du blanc. Et, dans ce flux lumineux, le goût de l'infini nourrit toutes les étoiles qui ont jamais été ou seront. Toutes, en une même envie de se perdre et de se laisser emporter par des cascades luisantes de joies indicibles et d'appels au merveilleux.
Le premier instant de la première rencontre est un but, non un préalable. La main et le regard changent de monde. Mais après, que se passe t-il ? Avant de se précipiter par la fenêtre de l'indicible, ils prennent une piste ascendante afin de ne pas trop mourir dans le brouillard de la chair. L'un dans l'autre, tous les deux, n'être qu'un.
L'acheminement vers le rêve en de longs, en d'infiniment longs regards éperdus, dessine une poétique toute ronde, toute blonde du corps et de l'image de l'autre, caressés par l'eau dans des bleus or.
La couleur que fait une main qui s'ouvre a rarement été aussi éblouie que dans cette forme d'étoile.
La couleur que fait une main qui s'ouvre à l'intérieur de l'intérieur, dans le dedans du dedans établit l'innocence des jambes, des bras, du cou. Et les deux doigts si profonds de cette main musiquent nos prénoms.
Il y a donc des plaisirs insoupçonnés. Ces plaisirs sont guidés seulement par la discrète morsure des corps. La chaleur de la peau, elle, très vite, prend le large. Où aller, où retourner sans cesse, sinon à ce jeu spontané des formes en liberté ? La tentation est si grande que le désir de l'odeur produit l'odeur.
Toutes les insurrections poétiques vers le haut, vers la lumière ont lieu la nuit. L'insurrection poétique tient dans ce goût des rencontres improbables.
On pénètre la nuit ouvrante comme on pénètre intérieurement le corps d'une femme. Chairs unies et sexes liés dans le corps-à-corps de l'eau à la lune, de la lune à la terre, de la terre à la nuit.
Leurs ventres sont comme autant de petites planètes
On est pris au piège des sables invisibles d'un port de l'espace
On ne sait plus ce qui est l'eau du ciel endormie et ce qui ne l'est pas
On peut essayer de revoir le pays où l'on s'est aimé d'enfance, mais rien n'y fait
En elles l'innocence et la perversité se mêlent, l'enfant et l'adulte
On ne leur échappe pas plus qu'aux sables invisibles du silence
C'est peut-être pour ça quelles mettent du noir sur les yeux et du rouge sur les lèvres
Je voyais ses grands yeux brillants s'emplir d'espaces émouvants ; était-ce le dessin pur d'un corps et d'un monde qui prenait forme, sous les surfaces de couleurs changeantes du mien ? Oh ! Je ne savais pas que les fenêtres du corps étaient un flot d'étoiles immense, qui me considérait de ses immenses yeux. Je ne tardais pourtant pas à constater qu'entre les plis de l'onde entrouverte s'épanouissait le bleu au fond des bleus d'une île sous-marine. Il n'y eut pas un seul éclat de nuit qui fut faux, tout ce qui se lisait sur les lèvres du ventre ouvertes était vrai.
Tandis qu'une poursuite s'engage sur les dunes bleues de la nuit, le brusque sursaut transgressif vers lequel se tend l'érection soudaine du sexe, nous trouble par son mystère. L'entité sombre ne se comprend pas tout à fait sans lui associer la présence de nos bourreaux, qui ont élevé des murs à la place de la mer du monde. Que nous importe la parole dogmatiquement circonscrite par le credo d'un quelconque magistère. Oublions ce qui est à oublier ! Il faut que ce soit la flamme noire qui inonde l'âme, inconnaissable à jamais des Sans-Musique.
L'île d'elle, c'est celle que chacun porte en soi. Aussi n'est-il pas nécessaire d'y aborder pour l'envelopper de bleus. L'errance des cœurs s'inscrit dans un lieu secret pour mieux permettre et affirmer ce mystère de l'autre attendu avec impatience.
Le goût de la sublime délinquance de l'amour est, ici, inévitable : tout a été fait pour mordre avec avidité, pour plonger les lèvres et la gorge au plus profond. Il importe d'abord d'embrasser le doux clitoris et, ensuite, seulement, de faire rougeoyer le rouge et jaillir l'odeur marine de cette chair ouverte. Le goût salin de la semence court dans les replis féminins les plus secrets - il est même, pour nous, le noir et le feu suprasensible.
Il-lui-l'homme-moi-je suis à partir de toutes les douleurs et de toutes les joies, auxquelles nulle expulsion violente, désormais, ne peut venir m'arracher.
Le fantastique féminin nous révèle en même temps l'esprit de jouissance d'un chagrin profond. Plus encore, l'effacement des larmes joint à l'extrême simplicité de l'amour.
Le brouillard entre les hommes et les femmes fut conçu pour brouiller les figures inconnues de la pure réalité vivante. Et c'est ainsi que les idées de jeunesse et de pureté eurent le mal de mère.
Le monde dans lequel se situe le langage de la lumière est un monde chaotique. Les lignes tourmentées, que la mer nocturne et matricielle rencontre, sont soumises à toutes les tentations. Et c'est ce mystère qui me fascine : que se passe-t-il entre les parallèles des vagues ?
Le point du jour, le point de fuite est destiné à s'effacer dans l'eau amniotique du poème. La magie érotique crée l'émotion à l'instant de la dernière ligne de fièvre. Il n'y a alors rien de mieux à faire qu'à demander aux étoiles de changer de monde pour changer la mort.
Nous sommes des âmes en voyage. Nous venons de très loin et nous voulons repartir.
Toutes les rives sont surveillées, excepté les chemins intérieurs.
La matière dépasse la matière au cœur même de la matière. Le sein de la mère dans un tel univers ne sert qu'à recueillir des montées d'espace dans tout le corps.
Ce jeune monde menacé traverse la forêt des ombres. Je connais le sentier par lequel il est arrivé au lac. N'est-il pas un bond dans l'ailleurs, le reflet de musiques inédites ? Et partout, constamment, la faim de vraie lumière ? L'envol fragile des mains de l'enfant éclaire tout le ciel.
Je suivais une jeune mer parmi les collines blondes de ses îles et je l'ai perdue. je croyais avoir moi aussi le ciel à portée d'îles. La solitude de l'enfance est créatrice de quelque chose de neuf qui n'a jamais existé.
Le sable des mots est incroyablement doux, quelques instants avant un soleil intérieur qui ne s'éteint jamais, même si nous sommes impliqués, parce que nous allons mourir.
Il y a dans ces secrets de la mer l'ombre vague d'un visage absent.
Le chemin des îles est un chemin de transit entre le ciel et l'eau.
Je me suis laissé séduire par la force d'expression de ce vent voyageur arrivé de très loin.
Il s'agit du dépassement de l'isolement des îles par la communauté des étoiles.
Le mot mère m'attire vers la mer
Je me suis laissé séduire par la couleur de ce secret au centre qui est son âme
Dans ses yeux sont tous les mondes de tous les univers
Il est des nuits, pourtant, où ses beaux yeux s'emplissent de larmes
Dans les yeux de la mer et derrière la porte inventée sur l'éternité, il y a la préférence désespérée pour les instants.
L'exploration nocturne de l'univers intérieur n'est pas une action lugubre ; elle est au contraire beaucoup plus fraîche, plus pure. Elle plonge parfois le voyageur égaré dans l'irréel et le fantastique.
Il ne faut pas avoir peur de l'inquiétant ou de l'irréel.
Il s'agit essentiellement d'exprimer l'être-au-monde-éternel.
Cette soif de la vie se meut parmi les paysages d'une réalité plus profonde : l'être réel et caché dans l'existence. Combat mythique de l'apparence d'être et du désir de l'impossible.
Le paysage terrestre est la course poursuite d'un amour des vagues contre la face sinistre de la mort des mers. Tout est-il raté et le sera-t-il toujours ? L'éternel est dans l'éphémère, ou bien c'est à désespérer de tout. Passée l'épouvante, la barque blanche vient à la rencontre de cette beauté convulsive des vagues qui déferlent sur le rivage de l'amour total.
Il faut, sous la surface de la nuit, garder ce mal d'aurore ; s'y ajoute parfois la mélancolie, elle aussi voisine de la création.
Sur le chemin de notre étoile qui passe, il est encore une réalité différente de la nôtre avec une musique inédite à délivrer.
D'où vient-on vers les autres ? De quel brouillard pénétré d'azur ? Après quelle incroyable traversée ?
Comment savoir jamais si l'on a compris un matin de pure lumière ? Entre l'acte flou de naître et l'au-delà des nuages, il y a un point d'inconnaissance. On peut essayer de le voir autrement, parler d'un point de voyage essentiel, mais l'on ne saura jamais comment des êtres ou des rêves se perdent de l'autre côté, dans la grande obscurité lumineuse. On ne saura jamais pourquoi l'eau des yeux est le grand point.
Je suivais une jeune fille dans les rues de la ville. J'étais amoureux de ses seins et de ses hanches. Amoureuse, cette pluie de rayons l'était aussi. Le lieu du regard n'est-il pas une préfiguration de ce point de source, qu'on ne peut nommer ? Mais les êtres et les situations nous échappent et la société continue de fractionner.
On ne peut voir dans tout l'amour que l'invisiblement visible. Le monde hors le monde, soudain est à nous.
Intact devrait être le rapport avec chaque centimètre de peau. Plus il force le regard, plus l'amour sensuel apparaît, triomphant et séchant nos larmes. Il ne devrait rien y avoir de plus beau que de réveiller les sensations endormies.
Il y a des nuits qui meurent en dehors d'elles, au-delà d'elles. C'est dire avec quelle impossibilité nous sommes de transmettre un peu du message d'amour. Dans ce wagon de métro, où l'ombre d'elles ne peut nous écouter, même en rêve, avec des façons nouvelles d'aimer. Il y a des nuits qui meurent dans l'extrême bleu. D'elles, on ne sait rien...
Nous gardons au fond des yeux le reflet de cette petite flamme noire, qui inonde l'âme, inaccessible à jamais des Sans-Musique.
Le visage que j'aime dans ce nuage est un corps étranger dans la trajectoire de mon regard. Il relève, je crois, d'une autre émotion humide de la chair, ou d'une autre écoute de l'eau endormie.
Tout n'est pas découvert. Chaque nuit, on ajoute quelque chose par la pensée. Les pluies de fleurs n'ont rien à redouter de ces eaux sombres. Peut-être que si l'on ajoutait du silence vivant, on obtiendrait un frémissement de tendresse.
Il manque des arbres à la place des murs pour ouvrir le domaine de la nuit. La sculpture des arbres respire et fait naître la respiration poésie.
Derrière cette apparence d'être, il y a la trace d'autre chose.
La forêt est une découverte émerveillée comme la mer.
Mais il s'agit d'un monde beaucoup plus inattendu.
Toujours serré dans un mélange intime de bleu et de vert.
Il ne faut pas comprendre tout de suite, il faut attendre.
Et d'abord, ressentir au-dedans, au profond.
Les cartes postales du futur s'envolent dans le secret de la nuit.
La musique remet les mondes en cercle, en ronde, en mouvance.
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La lumière se glisse dans l'ombre, elle écoute ses paroles secrètes. Mais le sait- elle, elle-même ? Au bout des voies de la nuit, il n'y a pas que des esprits errants, il y a aussi une rosée de lumière. Quelle est cette lumière, ce rythme ?
C'est par et dans l'espace intérieur des mots, qu'on appréhende l'énigme de l'invisiblement visible.
Les mots s'accrochent au corps du poème. Le premier instant de leur première rencontre est l'instant réel situé hors de la durée.
Il faut savoir s'entourer des mots, des phrases, des idées qui nous sont proches.
La poésie est un chemin vers la sortie de la caverne.
Qu'est-ce qu'une association libertaire entre individus ? C'est une croyance esthétique sans dogme.
Levons et relevons le poing de l'anarchie comme une arme contre toutes les formes de pouvoir.
Dans ce monde, je retrouve toute la réalité brutale de l'utilisation de l'idée de Dieu pour une forme de pouvoir. Mais c'est avant la religion instituée que se situent les véritables débuts de mon sentiment d'être relié au monde et aux autres. Je n'ai nul besoin de connaître un "Texte-Dieu" pour pouvoir reconnaître la conscience universelle, ou si l'on préfère, une intelligence cosmique. En outre, les intuitions de la poésie m'apportent un renouveau sur le plan spirituel. Il existe bien évidemment des affinités entre spiritualité et poésie, avec une spontanéité parfaite, dans un enchevêtrement extraordinaire de sincérité des voix plurielles. Ce sont des voix qui ont besoin de toucher le ciel de la terre, par-delà nos démissions, notre impuissance ; parce qu'elles sont d'une enfance du monde sans dogme ni credo.
Ce n'est pas le Christ sur le chemin de la croix qui m'importe, mais plutôt l'homme seul qui marche en dehors du chemin : Jésus, le fils de la terre.
Lumière et nuit se tiennent chaudement serrées l'une contre l'autre. Et les ombres courent sur les murs de la caverne. Cela a été une vraie découverte pour nous d'apprendre à dessiner autrement avec l'espace et le temps. Pourtant la lumière factice de notre lampe n'a encore rien vu, ni exploré et rien connu.
L'invisible est dans le visible, comme une réalité supérieure sous jacente, par où s'introduit la musique.
le passage de la parole à l'écrit rend visible l'invisible, en noir sur le blanc. Ensuite de quoi, le retour matriciel rend le visible à son invisibilité, en blanc sur le noir.
Le premier regard vers le ciel s'élève en pleine lumière, en pleine couleur, jusqu'à ce que la parole intacte se perde dans l'immensité du premier contact avec le monde.
Les voyages, mon frère, ce sont plus que jamais des paroles de l'ombre. Dans l'ombre, la lumière se fait fenêtre d'un train (celle d'une foule d'instantanés). Personne ne nous ramènera à bon port et nos paysages surindustrialisés ne connaîtront jamais l'esprit des lieux.
L'être inexploré n'est pas un chemin, mais une destination. C'est le rivage qui donne la forme de ce départ vers l'infini. D'où la nécessité absolue d'une communication quelconque entre les deux lumières, entre les deux mondes qui s'engouffrent dans une mince fente d'infini.
La vie secrète de notre monde vient d'au-delà des étoiles et contenait déjà à l'état embryonnaire le souffle de l'aurore.
Nous sommes des âmes en voyage. Nous venons de très loin et nous voulons repartir.
Le ciel nous regarde. Et plus il nous regarde, plus il faut que nous puissions ajouter quelque chose par le rêve au bleu qui s'opacifie.
La matière est traversée d'éclairs et nul ne sait où elle s'arrête. Tout me porte à croire qu'elle est une objectivation de la pensée, une extériorisation de l'esprit.
Si la vraie vie idéale est au-dedans et crée un effet de bon dans l'ailleurs, alors aussitôt elle me rend apte à saisir le contenu incantatoire d'une plus grande vie. C'est d'elle que je tire que tout peut être changé de ce que je suis et fais en ce monde.
Ainsi ce départ vers les étoiles est comme le premier éveil de l'âme. Changer de monde, autrement dit changer la mort, déroute car ce que l'on aime imaginer n'est guère plausible ; où y a-t-il un lieu du regard, où l'on puisse seulement vivre dans l'immédiat pour l'immédiat ? Je crois qu'il faut se laisser porter par le goût de l'infini. Il se peut que l'Incarnation du verbe ramène les êtres à la vie.
Les vagues déferlaient sur un rivage mystérieux en lui-même par son goût de l'éternel. L'éternel ! C'était, je m'en souviens, tout à l'heure, comme une blanche voile penchée sous le vent de l'éphémère.
Juste à ce moment, les vapeurs d'éternité entrèrent par la fenêtre de l'indicible, tirant l'accidentel, le contingent vers les confins du vrai monde.
Mon frère, la lumière appelle le feu. Nous sommes pris dans une lumière rougeoyante. Dans nos cœurs, aujourd'hui éteins, il y avait la grande prairie d'étoiles. Ces feux vivants sont les points d'attache de la lumière.
Tous les élans vers la lumière préfigurent notre rencontre avec les chemins de feu qui bordent la mer.
Quelque chose manque, peut-être des fenêtres d'artistes.
L'interdiction est un poison lent, mon frère. L'interdiction vient de la religion ou de l'administration. Le fait que chacun aspire à parler sa voix, témoigne concrètement des difficultés d'un voyage de solitude et d'espoir. Gardons-nous du côté obscur de la force, c'est une vieille malédiction inventée par la religion.
Le point de source
C'est un point de grâce qui protège l'infiniment tendre de celle qu'on aime
C'est ce point d'inconnaissance qui a déclenché tout l'amour d'elle
J'aimerais revoir le pays où nous nous sommes aimés d'enfance
Chaque passage des rêves a son esthétique de la solitude
Comme une expression pure de la beauté simple de l'amour
L'étoile perdue recherche l'éblouissement lumineux de ses yeux
Ce qui se passe dans les sables invisibles, extraits du silence, relève d'une autre esthétique.
L'imagination poétique peut faire d'un royaume de la pierre une réalité au centre de la nuit.
Dans le sable des heures de la nuit, il y a tout ce qui se prête à l'éclat de l'étoile, aux monstres et merveilles, à quelque chose ressemblant à l'orgasme.
La nuit est emplie de dialogues silencieux qui n'ont pas encore trouvés ce qu'ils cherchaient dans la brume des origines.
La nuit nous surprend à l'improviste mais elle ne subverti pas le dedans.
La nuit pénétrante ouvre au contraire le monde spirituel de l'intériorité.
Le mot, le corps, le monde prennent toute leur vérité au travers du langage de nos caresses. Mais il y a une différence fondamentale entre le lieu du regard et le lieu de l'autre, le lieu du regard n'étant qu'une approximation.
C'est le clair éclat du premier instant de la première rencontre, qu'il faut à tout prix préserver.
Le mystère de chacun dépend de sa naissance. Il y a deux sexes différents, il y a deux mondes différents. Et pourtant, l'un est l'autre. La traversée de la forêt-monde sera à la fois merveilleuse et terrifiante. Ce qui n'a pas été appris au début de la vie est définitivement perdu.
Que sont devenus tous ceux qui cherchaient entre deux jours de pluie
les îles bleutées de l'archipel anténatal ?
D'abord dans les forêts et au sommet des montagnes,
puis peut-être dans les enchantements d'un royaume étrange.
Nous ne savons pas où se trouve le lieu d'émergence.
Dans des forêts d'algues sous-marines, ou bien dans de lointaines galaxies ?
Désormais, je ne songe plus qu'à me recentrer sur mon matin d'origine.
Et qui sait, délivrer de moi le souvenir de la grotte-refuge
et des coquillages à la forme spiralée ?
A quelques centaines de mètres à vol d'oiseau, une brume bleue parcourt les images de la nuit. Je les glisse à mon crayon et m'élance dans la forêt des mots, le feu au ventre et les poings serrés sur mes provisions de route. Destination : le triangle amoureux de la lame, de la vague et de l'écume.
Quelque part dans mes actes et dans mes rêves,
peut-être à travers toute mon expression, toute ma différence
je me suis baigné dans les eaux désertes de l'Avant-Naissance.
Voici des étoiles presque fleurs sur la vitre du ciel.
Les murmures de la nature s'envolent dans un brouillard vaporeux.
Je me rapproche tout contre la vitre.
Pose ma joue contre cette lumière de cristal.
Et ferme les yeux pour mieux me remémorer ma rencontre avec l'Inconnue au beau langage,
qui me souriait sur une île au milieu d'un grand lac.
Mais le sais-tu toi-même, avait-elle dit, tu reprendras la forme que tu avais avant d'être né sur la terre car un rêve se réalise avant la naissance, avant le commencement.
Les traqueurs de traces, comme les autres inventeurs de signes et d'écritures imaginaires, ne sont découvreurs de sables invisibles et de pierres extraordinaires, que quand ils s'emplissent de mers, de lacs, de rivières. Aimons aimer, mon frère, aimons pour aimer.
Il me semble qu'un Amour total et inconditionnel est plus grand que ce monde et que ce dernier est contenu en Lui.
On sait depuis le début qu'il n'est pas facile de faire une rencontre bien au-delà de notre présent. La nuit est claire, mais à chacun de ses jeux d'ombre et de lumière, succèdent celui de la beauté convulsive et des combats mythiques. L'errance des ombres d'hommes s'inscrit dans des couleurs sordides et fascinantes en même temps. L'esprit de la nuit appartient à une partie infime d'individualités solitaires.
Le mur ne perçoit pas les ombres qui remuent. Il est aveugle et sourd. D'autant que ce sont des pleurs qui coulent.
L'essentiel a sa forme en dedans et l'apparent, en dehors.
Il y a une signification plus profonde que l'apparence.
D'où la nécessité absolue d'une communication quelconque
entre les deux lumières, entre les deux mondes.
L'île et une mer, une mer et l'île.
Les deux sont indissolublement liées : l'écoute et la parole en cercle.
Les orbes tracent des signes étranges.
Ils sont tout près, maintenant.
Ils sont à mes côtés.
La chair de la nuit frissonne,
les ombres des arbres attendent silencieusement.
Je ne sais pas encore comment affleurera le vert des feuilles.
Confluences
L'île-corps : c'est ici que le monde a été donné,
précédé d'une caresse pleine d'étoiles palpitantes.
La vie passe vite, l'amour seul est l'essence immuable.
Ce monde renferme beaucoup de tendresse
car il y eut rencontre, dialogue, découverte.
C'est peut-être pour cela que, de plus en plus, la respiration de l'amour,
pourtant très à l'ombre des volets clos des appartements,
commence à toucher les courbes du ciel et de la mer
et même à revendiquer l'innocence des jambes, des bras, du cou.
Elles mettent du noir sur les yeux et du rouge sur les lèvres.
Et, dans le bleu de la nuit, le désir brille d'amour.
Leurs ventres sont comme autant de petites planètes.
Il faut aimer, toujours aimer, mais uniquement pour que l'acte d'amour
puisse ici n'être qu'un point de départ.
Nous avons rencontré l'inconnue de l'espace, peut-être au fond de notre cœur.
Je sais que la mer bleue de ses yeux et la terre de notre voyage sont de la même couleur,
que l'odeur de la mer se mêle à celle de la forêt,
que le sable est rose comme l'aurore
et qu'il fait bleu au plus profond, au plus secret.
Le chemin des îles est pour moi un chemin du désir de la vie. Le dialogue qui se déroule entre une île et sa mer est un appel de la liberté. C'est lui qui introduit les échappées de bleu dans un ciel noir.
La solitude des visages appelle en elle toutes les aventures des multiples routes du ciel. Où sommes-nous ? Que faisons-nous ici ? Quand donc le souffle universel des matins sortira t-il de l'aube enclavée ? Cet envol de regards indique sur quoi se fonde l'appel des ailleurs : l'autre, un autre temps peut-être. L'autre est totalement nouveau. L'autre est un mystère. Notre monde est habité par cette course effrénée des visages, qui est venue avant lui et par les plans vibratoires des temps qui viennent. Rien ne surpasse ce trouble profond créé par toutes ces ombres, qui se heurtent les unes aux autres, avant de se fondre dans la lumière crépusculaire. Là est l'infinité des mers de l'espace. Comment faire pour que leurs soleils se rejoignent ? Ce sont des soleils qu'elles n'ont pas encore fini de respirer.
La nuit était ronde comme la coque lisse et noire d'un sous-marin.
Par un ciel d'encre, j'ai aperçu de minuscules cristaux
tournant en rond dans l'espace, comme pris de folie.
Avaient-ils la moindre chance de retrouver la trace de l'émerveillement infini ?
Le pays de l'ombre emporte avec lui son secret,
celui de la sublimation du noir à la lumière.
Le souffle de la nuit est toujours le premier signe d'émotion
manifesté par les surfaces brillantes du ciel.
Il y a eu une vie avant cette vie.
Elle circule dans l'ombre de nos émotions.
Nous avons vécu sans le visible.
L'errance des anciennes contrées magiques continue dans notre tête.
Il surgit de cet inconnaissable, tout l'incompréhensible.
Un avant-monde a existé, il nous faut établir ce qui s'est passé ensuite.
Pourquoi meurt-on dans ce couloir des ombres, sinon pour mieux se transporter.
Cet univers comporte toutes ces étoiles et encore quelques autres...
Et je pense qu'il devrait être possible de remonter en enfance pour parvenir à rendre le visible à son invisibilité. L'île d'enfance, si proche à la fois et si lointaine.
La lueur alternativement jaune et rouge du phare est liée à la nostalgie d'un autre monde par un cordon ombilical subtil. Un jour, peut-être, nous nous réveillerons dans un paysage marin. Autrement et autre part...
La terre de notre voyage est une île dans le ciel. L'étoile est déjà en promesse dans l'aube que l'on peut éclairer d'une île en feu à l'autre, en essentialité. Cela est tout l'être du ciel et tout le chant de la mer, le reste n'est que leur apparence.
Les îles paraissent ce matin, plus nombreuses de pure lumière, que d'habitude. Ce qui est le bleu de la mer peut être encore le bleu de l'abondance, menant de la terre jusqu'au cœur de la Voie Clarté, attestant la présence ancienne d'une multiplicité de mondes.
C'est toujours ce long voyage au bout des voies de la nuit parsemé d'étoiles, d'ailes blanches et de bleus lumineux. Dans leur rêve, les étoiles entrent en contact avec la constellation des lettres GALAXIE. Leur attirance incoercible pour le grand Voyage les conduit à rêver le rêve de l'être unique.
Ceux qui arrêtent le voyage sont déliés au lieu d'être reliés. Leur erreur consiste à croire que l'éclat de la lumière est toujours fixe et centré.
La vie est un voyage à l'intérieur de l'étendue universelle. Certes nous sommes trompés dans nos espoirs. Pourtant le cosmos vivant est au-dedans de nous. Le côté spirituel du monde est un mouvement du cœur inscrit en nous pour l'éternité.
L'absolu consiste en une idée de forme pure : le Ciel et la Terre c'est tout un. C'est d'ailleurs par cette très étroite relation de l'étendue intérieure et du cosmos vivant que le sentiment du mystère et du sacré peut rendre compte de ce pancosmisme. Nous rechercherons le salut par l'idée de l'immanence transcendante.
Tu avais besoin de partir le matin au hasard des routes à la rencontre d'une certaine idée de la liberté. Tu avais besoin de découvrir pour la première fois un paysage d'aube, le contact direct avec le premier soleil ou la pluie, voilà le premier éveil et étonnement de l'enfance. Tu avais besoin d'un éternel, d'un transcendant non pas sans corps et sans forme, mais bien ancrés dans la chair tendre de la vie. Où y a-t-il encore un lieu de ses lèvres et de ses regards, où l'on puisse toujours être capable de quelque chose qui n'a pas encore de mot ? L'ici bas et son au-delà déroutent. Il faudrait remplacer l'au-delà par le tout de suite. Le vert de l'aube touche au sublime et va en tous cas plus loin que ce déferlement des vagues sur le rivage.
La question est de savoir si le non-représentable, le hors norme est (ou n'est pas) une réalité étrangère et fermée. Le rivage de ce curieux départ vers l'être inexploré pourrait bien être la forme la plus menacée de notre chambre crépusculaire.
L'autre vie ? Ce n'est pas l'inimaginable. Il existe une possibilité de l'amour sans l'horizon de la Résurrection. L'homme intérieur a toujours cette vision de l'invisible en tête en regardant les chemins du ciel baignés de lune. Le point de rencontre possible ne force peut-être pas le regard, mais il le voit par l'imagination.
Puissions-nous surveiller les cachettes de l'autre monde pour savoir où se rendra l'inconnaissable. Les régions mystérieuses de l'inconnu sont plus proches sans doute de ceux qui les appellent. L'heure est venue pour eux de mettre leurs pas dans ceux de la nuit multidimensionnelle.
Est-ce qu'il fait encore bleu dans le froid, la pluie et la neige ?
Est-ce que notre temps est passé ?
La vie est un train qui s'arrête sous la pluie.
Tandis que l'imaginaire court se réintégrer au réel, les hautes fenêtres de la nuit s'éclairent.
La vie c'est ce besoin à chaque instant de s'enlever, de se transporter.
De l'autre côté du chemin, il y a un grand ciel violet.
La moto, serrée entre les genoux, comme un affleurement de l'être pur dans l'amour le plus physique.
Nous sommes séparés l'un de l'autre par les terres reconnues de l'ordre établi.
C'est quoi écrire ? Qu'est-ce que ça change ?
Toutes les rives sont surveillées.
Partout et toujours on empêche les amours d'aimer.
Pour une idée, rien que pour une idée.
Cela commence avec l'expression d'une idée, mais cela finit aussi avec la vérité morte sur le papier.
Pour Trevor (https://www.youtube.com/c/amaladyofknots/playlists)
J'ai longtemps regardé ma feuille de voyage avant de trouver le chemin de l'écriture. Le point de départ est dans le fil de son élan, et le voilà confronté au but : le point d'arrivée. Je pense que dans tout mouvement, il y a un désordre. Le sculpteur aussi est un traqueur de traces. La vie intérieure des formes renvoie à la nostalgie d'un paradis perdu et non retrouvé. Parce que l'action des idées est au dehors et parce que le silence intérieur est au loin. N'attendez pas aujourd'hui que je les coordonne, les organise.
Le cosmos vivant est comme une grotte initiatique incrustée en chacun de nous. Si l'univers entier est compris dans cette cellule initiale, il n'est pas absurde de penser que nous retournerons au centre du cosmos vers le lieu de notre naissance.
Tout devrait être nouveau avec l'impossible.
Tout devrait être à faire avec le lointain.
J'aime le cri sauvage de l'indéfinissable.
J'ai choisi les chemins intérieurs mais aussi, mais surtout l'alcool utopique pour échapper à d'autres heures dangereuses bien plus difficiles à franchir.
Le non-représentable refuse d'avance le dehors, le manifesté.
Ailleurs ... Est-ce un ailleurs ? Ou bien la profondeur introuvable d'une absence ?
Ces lunes blanches et ces lunes noires sont toutes emmêlées.
La respiration de l'amour est une heure éblouie déroulée d'entre les draps et les couvertures que les chemins intérieurs élargissent et transcendent. On ne peut voir dans l'espace nu des corps que l'ombre blanche de celle qui arrive, de celle qui vient, qui ne peut pas ne pas venir, qui peut-être est déjà venue dans les îles du fleuve du temps rêvé.
Pourquoi persiste-t-on à se méprendre sur l'étrange étrangère debout sur le pont et en allée avec la lumière et les formes noires ?
On écrit toujours pour l'étoile d'où l'on vient, c'est l'étoile où quelqu'un nous attend.
Les hantises nocturnes nous agrippent par l'émotion des mots, pour faire surgir ce qui, ici, relève de la recherche de l'autre ou d'autre chose.
L'espace nu des corps a trouvé un chemin imprévu, mais qui n'en est pas moins quelque chose ressemblant au goût salin de la semence destiné à s'effacer dans la coulée rouge et chaude.
C'est la limite de cette aurore naissante que nous approchons dans cet espace intime.
L'instant idéal auquel on s'identifie et en lequel on risque de se perdre totalement au point de n'avoir plus désormais que le goût de sa bouche et de son sexe.
Pourquoi faudrait-il se sentir coupable d'embrasser les cris de la lumière si merveilleusement bouleversés, si vrais, si proches de la mer et des îles ?
Ce n'est pas l'instant sexe qui est important mais les images de sable et de soleil qui tournent devant nos yeux.
Mais pour cela, il faut respirer de dessous le pubis l'odeur salée, l'odeur marine de cette chair ouverte.
Il y a une libération païenne de la vie, une voie de l'aventure dans cet animal mâle lumineux qui quitte son île de chambre sur le corps d'une image blanche.
L'amour, c'est ça, c'est reconnaître chaque existence comme une signature unique.
Je reviens dans toi aux sources de ma nostalgie
pour pouvoir rêver ton rêve quand le plaisir troue ton ventre.
Le monde commence quand la lumière imprécise, secrète de l'ombre vient réveiller son désir d'amour. Dans la mer chante le vent et l'île s'enroule en rond sur son ventre comme une fleur du dedans.
Beaucoup se sont déjà perdues dans les volutes de l'aube.
Tout commence dans le monde vaguement ami - ennemi des "grandes personnes".
Mais les contours sacrés de la terre ne sont pas les mêmes pour chacun.
Parfois la ligne des montagnes disparaît à notre regard.
Ce qui n'a pas été appris au début de la vie est définitivement perdu.
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