Il y a partout des sourires de la terre et si leurs messages sont réellement entendus sans être déformés, ils seront compris partout. La voix humaine de la terre est une voix ouverte aux grands mystères de ce monde. L'être humain est un être en interrogation. Chacun d'entre nous est naturellement porté à dessiner quelque chose de l'étoile, de l'île et du cri des vagues. Ce besoin de questionner les étoiles, le vent, les arbres nous vient en naissant pour rendre visible l'invisible, pour témoigner du ciel et des ciels dans l'infini silence des caresses de lumière. Car nul n'échappe à ses étendues d'immensité. L'enfant dans l'homme ne se lève-t-il pas chaque matin avec une seule idée en tête : imaginer l'autre côté de la mer ? 

Tout n'est que rêve. L'exploration humaine des fonds océaniques est encore une exploration de jeunesse, comme semblablement l'exploration humaine de l'espace est une exploration de commencement. Mais d'autres intelligences agissent sans doute dans l'univers. Je me demande s'il n'y a pas quelque chose d'un peu vrai dans la croyance en la pluralité des mondes habités. Tout m'invite à penser que des intelligences extérieures existent et que l'univers grouille de vie. 

J'aime le pouvoir de l'imaginaire et je le sens rejeté de tous côtés. Est-ce qu'il sera assez solide pour supporter l'agression de ce monde automatisé, robotisé, standardisé, où le feu réel de l'imagination créatrice ne trouve plus sa place ? Il pleut sur des arcs de lumière. La mort des étoiles n'étonne plus personne. J'écoute celles qui ne chantent plus. Et c'est sans doute la nostalgie d'une existence totale de lumière, propre aux ombres et aux murs, qui me permettra de mieux comprendre la grande douleur d'espace de l'arbre spirituel coupé de ses racines. 

Non, je ne pense pas qu'un passage d'astronefs étrangers soit une absurdité et je me console mal de ne pas avoir reçu la révélation de ces intelligences du Dehors, qui m'aurait permis d'entrevoir des formes essentielles de la vie. Il existe sûrement des mondes différents du nôtre. Si cette idée est juste, ou partiellement juste, la présence des habitants de l'Extérieur demeure toutefois inexplicablement inexplicable. Le chemin de cette idée est d'une autre nature et relève d'une autre esthétique. Une chose est certaine cependant : toute explication du monde arrête l'idée du monde. 

Chacun a sa propre mémoire de la pierre ronde de son visage
et de sa clarté argentée sur le sable fin de la première enfance.




Rien n'aura eu lieu que le lieu

Photographier une rue, cela veut dire faire parler les formes de la lumière. Dans la rue Saint Louis en l'île, ce qui m'accroche le plus, c'est la séquence de cette lente émergence des visages et des corps, hésitant entre la moyenne lumière et l'extrême lumière. L'insularité jointe à l'extrême calme de l'instant, me révèlent les raisons de ma préférence pour le regard et pour le souffle du feu secret de la matière.

Les îliens et les passants se croisent ici dans une sorte d'entre-temps.

La lumière de l'instant peut devenir une forêt qui respire, frileusement blottie entre la rue Crémieux et le Square des Peupliers. Et une forêt qui respire n'est pas moins bouleversante que le clair chemin des îles.

Mes amitiés de voyage n'habitent jamais que le passé ou le futur. Elles sont dans la nostalgie du silence obscur d'une place, pas dans le présent de cette pluie rue des Trois Frères. Les mirages dans cette nostalgie du passé ou dans cette espérance du futur, me laissent enfin rejoindre la rue Lepic. La place du Tertre n'est plus qu'à quelques encablures. Elle m'offrira l'inimaginable : la lumière sur l'autre rive. Complète, totale, absolue. 

La rue du Fauconnier file en ligne directe vers le lieu de passage des rêves. Le promeneur suit les traces, aussi fébrile qu'elles, pour atteindre un abri, une caverne ou une niche brûlante de soleil.

L'invention du passage est d'une autre nature et relève d'une autre esthétique.

Quand la rue de la Huchette s'égare dans le brouillard à la poursuite d'un emportement de ses profondeurs, ce n'est qu'un petit point brûlant dans les préparatifs de la couleur, à partir duquel s'en-bleuissent les longues nuits du Quartier Latin. Mais je sais déjà que ce couloir d'innocence, retourné en dedans, est un lieu qui n'existe que pour devenir imaginaire. Je n'ai jamais soulevé (surnaturellement), qu'un coin de lumière, soudainement aspiré par le sable du silence.

Ce qui naît dans l'espace froid de la rue de Braque est engendré par l'éclair des rêves de la nuit. Il n'y a rien ici que des déplacements de l'ombre, qu'une source souterraine absorbe dans le bleu de la nuit. Trop d'insistance sur cette rue étroite et humide pousse l'espace exigu à s'exiler.

La rue de L'Estrapade est heureusement très proche de la naissance écriture et très étroitement liée à la respiration poésie de ses nombreux graffitis. Les émotions violentes sont incorporées dans ses mots de murs. Soleils de craie nocturnes.

Les pas que je fais font courir les avenues bleues. Où aller, où retourner sans cesse, sinon à cette Butte Montmartre ? Le promeneur qui en est exclu, devient étranger et indifférent à l'annonce de l'aurore et à l'essor du soleil. 

L'île de chair matricielle dans l'île Montmartre jetée, perdue. 
La chercher, elle est désir.

Il - lui - l'homme - moi - je suis à partir de sa prairie vivante, parce qu'elle me porte d'abord dans les ondes marines de son ventre, auxquelles nulle expulsion violente, désormais, ne peut venir m'arracher. 




Le mariage de l'idéal et de la contingence

Les bleus intérieurs ou ceux des îles ?
Lesquels sont les premiers imaginaires de l'été ?

Dès la sortie du sexe maternel, le créé et l'incréé se réfléchissent, se correspondent.
Les bleus intérieurs doucement se fondent dans le bleu des îles.
Les verticales du feu épousent la ligne horizontale des eaux.



Jeanne et Amedeo

Qui a interdit à Jeanne Hébuterne
La chance d'un refuge contre le destin
En ce matin de janvier mille neuf cent vingt ?

Aujourd'hui encore, la rue de La Grande Chaumière est une rue à part, une sorte d'espace transitionnel, dont les rêves de bonheur se brisent contre l'eau immobile du matin.

Pourquoi un amour tragique veille-t-il derrière chaque fenêtre d'artiste ?
Et qu'est-ce que cela veut dire ?

Je me tiens encore à distance de ce point obscur où le souffle intérieur du poème a commencé.

Il existe d'autres mondes qui nous persuadent de les suivre.
Les artistes peuvent traverser les immensités insondables.
Les scientifiques visent le ciel mais sans y être pleinement arrivés.

D'une façon ou d'une autre, on fait un long voyage.
Mais où fera-t-il bleu ? Mais quand fera-t-il vrai ?

Quelle est cette inquiétante étrangeté de l'autre quand on l'embrasse ?
Tous les êtres s'attirent et se répondent dans une sorte d'expérience amoureuse sans explication.

Le passage, la sortie, l'extase avec l'autre ou les autres : voilà l'idée.
Les plus beaux champs réceptifs sont à l'ombre de la blancheur.

Il n'est qu'un lieu où tout arrive.
C'est la clarté imprécise, secrète, imprévisible.
Prélude à l'harmonie native des regards.

L'important, ce n'est pas ce que l'histoire raconte.
Le couple tragique vaut surtout par l'invraisemblable ordre anarchique de son atelier du soir.

Une quête effrénée de l'inconnu se faufile entre les moindres failles.
Tout se tient en équilibre entre l'ordre de la logique et le pur sentir.

Derrière les miroirs, au fond des nuits
Surgissent des visions étranges et fantastiques
La forme d'un moment se dresse
Telle qu'un atelier d'étoiles imprenable

Où il y a de l'amour, il y a de l'éternel.

Les premiers contacts noués avec le monde de l'autre
courent sur le corps à mesure que la parole intacte s'éclaire. 

Là où il y a deux êtres et l'amour, il y a un chemin de lumière.

Le premier instant de la première rencontre est assurément un reflet :
Celui de la lumière immatérielle, sans forme.

Le lieu intime est le lieu de tous les vertiges
L'espace proche est l'espace de toutes les ascensions

Mais, il y a dans ce monde des endroits où les chagrins profonds de la poésie sont honnis.
La véritable existence de l'objet artistique et poétique dérange-t-elle à ce point ?

Je déteste la façon dont on se détourne des méandres d'une rencontre amoureuse.

Le vrai monde est à tous les yeux qui le cherchent dans la nuit.
Il y a des présences inconnues toutes surprises de connaître des destinations nouvelles.
Le souffle de la nuit emplit l'ombre claire de ces formes rêvées.

Je crois que chaque être a son type d'amour et sa justification. 

Presque tous les éclats de nuit sont des regards qui tremblent
Devant la lumière merveilleuse d'un tableau.

Les correspondances invisibles vivent dans la lumière, dans l'immatérialité.

Les couleurs sont-elles de chair ?
Où sont-elles d'esprit ?

Là où un peintre a posé son regard
Il y a toutes les chances

Celle qui n'est plus et ne peut être
N'est pas morte pour toujours
Elle dormait dans l'aurore
Et j'ai vu courir
Un corps plein de soleils
Il était poursuivi
Par toutes les blancheurs
Assemblées de l'aube

 










La traque de l'inconnu

Place des Vosges
Des liens confus et contradictoires
Se brisent dans la lumière du matin

Les formes follement douloureuses
Qui m'entourent se construisent
De l'intérieur vers l'extérieur

Je les observe dans ce ciel
Et je crois voir un reflet du voilier
De ma nuit, de mon aube et de mon soleil

Les yeux de la rue saint Paul errent
Délibérément parmi les spectres multicolores

Cependant, tout cela n'est beau
Que tant que la couleur
Retournée en dedans
Redevient un dessin
Directement reliée au mot

Dedans la couleur
Il y a un murmure de source
Je m'y engage

La rue des Fossés Saint Jacques est déjà reprise
Dans les saisissantes volutes de l'aube

Derrière les yeux de la rue
Il y a la préférence désespérée
Pour les forêts et les plages
Un irrésistible élan me pousse
A déserter les villes et les livres

__________________________________

De l'autre côté de la rive

Toute explication du monde arrête l'idée du monde
Toute programmation arrête le chemin de l'idée

Quel ordre ? L'ordre de qui ? L'ordre pour qui ?

Nous ne sommes pas réellement nous-mêmes
Nous ne sommes pas spontanément nous-mêmes

Tout cela est intentionnel
De sorte que l'individu
Revenant sur son acte de naissance
Découvre qu'il serait donc là, l'acte institutionnel
Par lequel les enfants auraient droit à leur solitude et à leur mort

C'est ainsi, je pense, que le diable doit regarder le monde
Nous sommes devenus des abstractions

Voici l'éveil difficile et trouble de l'ordre fondamental de la société

Toutes les enfances sont murées
Toutes les rives sont surveillées
On empêche les amours d'aimer
Partout nous sommes séparés l'un de l'autre
Par les terres reconnues de l'ordre établi

Ceux qui aiment le pouvoir
Deviennent ce qu'ils sont
Des colonisateurs

Ceux qui ne l'aiment pas
Sont ce qu'ils deviennent
Des découvreurs

Prendre le pouvoir n'est pas un acte naturel
Il faut fuir, toujours fuir
Les signes visibles de cette menace

Mais il est essentiel de prendre son pouvoir

Une aube libertaire mettra de nouvelles couleurs
Et ouvrira des voies inconnues

Il faut d'abord mettre du désordre
Dans la relation à l'Etat

Le mouvement de l'expression libératrice est dans la rue
Qu'on barricade pour changer de monde
Et prendre une piste ascendante

Que sait-on de l'alliance vivante idéale ?
Que sait-on de l'anarchie ? 
Les feux de totale libération se déplacent
Rien n'est arrêté
Un monde, c'est tous les mondes
Et rien ne se produit
Sauf un espace de désordre pur
L'immensité sans forme lance un pont
Sur le possible et le visible
Le monde est une terre de rencontres
Les villes ne devraient être traversées que la nuit
Dans l'espace vierge et pur
Du désordre des libertés
Leur lumière enveloppe une obscurité
Qui ne veut pas mourir
La liberté des idées est noire
Comme le centre de la lumière
Et elle est l'autre ressource
L'espace où l'on crée
C'est la place libre de la vie
A l'image et à la ressemblance
De l'espace libre occupé par les oiseaux
Il n'y a pas de définition
Il y a la liberté
La lettre A est obstinément noire
Dans l'infini bleu des marges
Partant de ce constat
Nous mettrons le A cerclé
Tout près de la clarté
Au centre du cercle la lettre A
Elle et aucune autre

Un texte fourmillant d'idées, d'utopies s'écrit dans le désordre
N'attendez pas aujourd'hui que je les coordonne, les organise
De deux choses l'une : je l'écris ou je romps l'alliance
Que croyez-vous qu'il arriva ?

Les mots aiment mieux l'embryonnaire
Parce qu'ils ne se fixent pas
Dans une forme définitive
Ils visitent ainsi d'autres îles dans l'île
D'autres battements d'ailes
Qui n'empruntent pas de ligne droite

J'adopte et j'adapte

Je suis des périphéries
Je suis sans effet de frontières
Je suis des horizons lointains
Je me transporte ailleurs
Je me déplace autrement

J'ouvre, je prends et puis j'existe

Il n'y a pas un lieu de la naissance, mais plusieurs
Nous mettrons en avant l'esprit libre et universel de ce projet
Tous les contextes, tous les mondes sont possibles

Tout indique déjà
Que le seul moment d'éternité
C'est ici qu'on le construira
Et c'est ici qu'on en jouira

Il ne faut pas mettre les actes du rêve en ordre
Tendre est la feuille de voyage
Il ne faut pas ranger notre désordre

Le pavillon noir des frères de la côte brille plus clair que la blanche écume
Et la question toujours posée est celle de cette lumière égarée

L'utopie est un horizon sans dominations
C'est le retour du réel





Le parcours de la circonférence pour rejoindre le centre est lié au sensible immédiat
Par opposition à la hiérarchie verticale qui entend réduire la spontanéité créatrice


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Il y a dans ma tête un besoin d'infini
Qui abhorre l'argent, le rang, le manque de tendre.

"L'amour n'est pas connu, l'amour n'est pas aimé"
S'était exclamé François d'Assise

"L'amour est à réinventer!"
Lança Arthur Rimbaud

Nous ne sommes que des étrangers
Et des voyageurs sur la terre 
D'où sommes-nous et de quand ?

De combien de vertiges absolus greffés sur notre peau ?
Nous sommes les poursuivants et les poursuivis de la Vie

Les uns conduisent le monde, les autres sont venus de nulle part
Mais ils se font lieu pour l'autre et donc, d'un plus bel être au monde



Le ciel et les rues de la nuit

Mes pas résonnent dans la rue des Guillemites et la lumière de l'ombre me mène où je n'aurais jamais consenti à aller. Mais, à quoi bon détourner les yeux de ce couloir des ombres ? 

La pluie noire de la nuit a le goût du chagrin. Je me demande pourquoi certaines rues m'emportent au loin ; quoi qu'il en soit, tout ce que dit le quotidien est banal et il n'y a plus, sur moi, que des ciels troubles. Les verticales timides de la lumière imprègnent la brume de mes yeux. D'où vient la grande ombre de la lumière ? La chaleur de la peau, elle, très vite, prend le large. Mes déambulations nocturnes sont faites d'interrogations troublantes, qui peuvent me conduire jusqu'à la rue de L'Abreuvoir. 

Il faudrait donner à la nuit ouvrante l'occasion de rencontrer la blancheur de l'ombre, pour qui elle est faite. Les plus beaux champs réceptifs sont à l'ombre de la blancheur. J'arrive rue de L'Abreuvoir et je voudrais que l'indicible secret de l'instant et du lieu reste toujours premier, que le rêve se pose au milieu des apparences, mais en même temps, qu'il y ait une extension des moments de silence, pour que la forme et l'ombre donnent un sens à l'expression errante.

La rue Elzévir fixe le chemin
D'où je vois surgir un fragment d'éternité
Engourdi dans l'immensité de ses étoiles

Quand le silence de la nuit nous saisit
L'expérience de l'instant
Ne nous sépare jamais
Des liens de l'esprit. 

Le plus obscur de la nuit, on y entre souvent comme pour une rencontre avec l'inimaginable. Un forme intemporelle éternisée recouvre tout ce qui n'a pas trouvé sa place dans le réel et les ondes propagatrices d'échos lointains se cognent sur les murs qui les enserrent.

L'eau noire de la nuit exprime au mieux, en pulsions les images écrasées de silence.
L'eau noire de la nuit est un alcool utopique à l'attention des rôdeurs de l'infini.

La nuit capte mieux le cœur et l'esprit
Et ne découvre ses vraies harmonies
Qu'aux grands chasseurs de signes 

Dans cette odeur de brume
Il y a une force de lumière
Il y a un cri perdu de la lumière
Dans les ombres noires inhabitées

Il se passe quelque chose cette nuit, mais quoi ?
Ici a constamment besoin d'être ailleurs.

Au cœur de l'étoffe de cette nuit, le rêve
Le noir se mue en clarté.

Ce n'est pas par centaines, mais par milliers qu'il faut compter les juxtapositions de régions célestes. Je ne pensais pas que le plus lointain se mêlait au plus proche pour le regarder de ses yeux pleins de lumières, pourtant c'est vrai. Dans l'ombre secrète de la lumière, il y a l'aventure émouvante et belle des chemins sublimes et douloureux. 

Où va la rue Saint Vincent ? Elle semble se projeter elle-même hors de l'espace et du temps. Les moments de silence la poussent vers le vert de nouvelles aurores, inconnues des hommes et étrangères à ce monde. La présence de ces rayons de lune révèle autre chose, peut-être l'ombre triste des jeunes larmes d'un ciel désespéré et désespérant. 

Les ombres menaçantes n'atteignent pas que les ruelles sombres. La rue des Orfèvres a en elle un bruit du silence indéfini. Les mots de cette rue ne disent pas le poème, le poème dit les mots de cette rue.

Casser l'image de la barque noire
Ce serait briser cette révélation d'harmonie
Que sais-je encore, dériver ? 

Au bout de la rue Poulbot, il y a un vin d'étoile,
que personne, pas même l'obscurité douce, n'a encore bu. 

Rue des Saules, le monde s'avance jusqu'à ce que le secret des sources s'arrête. Je devine confusément qu'il me faudra traverser des ponts de brume.

L'apprentissage du rêve se poursuit.

Je crois qu'une étoile n'oublie jamais un visage de La Butte, qui est resté dans sa lumière aussi longtemps. C'est ainsi qu'une rue de Montmartre redevient une pensée magique à l'état nu et pur. Mais je sais déjà que ce couloir d'innocence, retourné en dedans, est un lieu qui n'existe que pour devenir imaginaire. Je n'ai jamais soulevé (surnaturellement) qu'un coin de lumière, soudainement aspiré par le sable du silence. 

La rue des lombards est une rue affamée de présences
Mais c'est à croire qu'elle parle un langage étrange
Il manque des espaces blancs pour faire silence

Si l'on veut lier connaissance avec une rue de Paris
Il ne faut pas s'arrêter à ce que l'on peut toucher et voir
Il faut toujours garder les yeux ouverts vers le ciel 

Il faut aller frotter son rêve ailleurs.

Il y a trop de secrets dans les étoiles. J'ai essayé de les suivre un long moment dans le noir, mais les rêves et les aspirations qui déambulent dans la Parc Montsouris sont emportés de l'autre côté du ciel.

Ce n'est pas la lumière qui prend une direction, mais l'inverse. Où aller, où retourner sans cesse, sinon vers l'exploration nocturne, toujours plus fraîche, toujours plus pure de l'univers intérieur ?

Il y a dans cette rue Sainte Croix de la Bretonnerie une obscurité lumineuse capable de précipiter un changement de monde. L'éclair d'amour magique qu'elle émet est surnaturellement enveloppé d'ors bleus par l'entrée et les déclinaisons d'un astre octaédrique.

Pour percevoir l'intérieur de l'intérieur, vraiment dans le dedans du dedans, il faut avoir osé entrer dans une bouche de métro, comme on se fraye un chemin dans le corps tendre du désespoir. 

La parole des ombres secoue le corps comme un électrochoc. 

Je me suis arrêté sur la Place de La Contrescarpe, pour me répéter tout bas le sens caché de cette lumière. Serait-ce la plage de dessous les pavés ? Je m'assois sur le trottoir, passionnément rebelle. 

J'ai trouvé le chemin esthétique que je cherchais dans les regards obscurs, indécis des rues toujours discrètes, en retrait. 

J'entre dans un pub, rue Gay Lussac, aussitôt je perçois au-delà des regards, mon propre voyage immobile, sans que la chaleur de ma liberté intervienne dans la profondeur de leur sourire.

Le ciel et les rues de la nuit sont intrinsèquement liées.



La relation d'individu à individu est une course de découvertes.
La relation d'individu en individu est quelque chose de plus grand : c'est l'expérience de renaître.

L'expérience de renaître est dans le jaillissement hors contrôle de la vie immédiate.
Elle tient dans ce goût des rencontres improbables rue des Ursins ou rue des Chantres.



Nuits

La nuit n'a pas de pays
La nuit est une pensée

Elle ne voulait être que voie et passage
Pouvait-elle se douter qu'une forte odeur de la mer l'emporterait ?

La nuit a de longs silences bleus
Comme de longs cheveux
Merveilleusement tombés du ciel

J'entends les cris de la lumière
Qui se fraient un passage
Au milieu d'un peuple d'ailes ouvertes

La chair de la nuit frissonne
Les ombres des arbres attendent silencieusement
Je ne sais pas encore comment affleurera sous la surface
L'étincelle lumineuse qui délivrera le vert des feuilles

Le vent écoute en lui-même frissonner des ombres
C'est là-bas, dans les sables mouvants de la nuit
Que se manifestent des présences surprenantes

Ce monde est un voyageur mystérieux
Il faut en prendre conscience

L'inconnu est la plus redoutable des peurs

Les orbes tracent des signes étranges
Ils sont tout près maintenant
Ils sont à mes côtés, en un instant

La nuit se saisit de cette lumière intelligente et l'absorbe

Plus loin, dans un repli de l'espace
Une présence de clarté vagabonde
Et prend plaisir à l'errance

Les surfaces et les formes de la nuit
Laissent apparaître l'écriture minuscule
De nombreux dieux étoilés

L'obscurité de la forêt et la vie des étoiles sont intimement liées.
Ce qui montre bien à quel point les voix étranges et douces des étoiles
appellent ailleurs, dans le dessous de la transparence de l'air, de la lumière, de l'eau.

Les destinées tourmentées des étoiles
Submergent au cœur même du chaos
La fragile beauté des nuits dans le monde

Les étoiles lointaines déchirent l'obscurité
Elles ne sont que des moments de lumière
Une suite de mondes éperdus

Et moi, qu'ai-je découvert en existant pour le monde ? 



Des yeux greffés sur les étoiles

Je m'arrête quelques secondes
Pour regarder les images et les signes d'une contrée mystérieuse
Dans le bruit du vent, le langage des rochers coule entre les arbres.
Et je ne suis pas loin de penser que l'écho des rêves de la nuit
Parvient jusqu'à moi en langage elfique

Le souffle de la nuit réveille l'immédiateté de l'être
Et elle active les imaginaires
D'un vrai pays d'enfance et d'idéal

La lumière est présente dans le noir

Le noir
C'est l'idée
Qui a déclenché
Tout l'amour d'elle
Pour la voir, la toucher
L'entendre et la goûter

Un long silence s'installe
Le milieu aquatique y est partout présent
N'est-ce pas là qu'elle est déjà
Île et étoile où s'effleurir ?
Île ou étoile, d'un côté comme de l'autre
Il y a toujours un franchissement de l'intervalle possible

Des étoiles tombent du ciel
Leur souffle brûlant inonde le soir
Et l'ombre se double d'une autre
Le monde en devient un autre
Le voici changeant de cap
S'essayant au long souffle de la nuit

Le bleu vire instantanément au noir et l'endroit est terriblement beau

Le jour tombe et la nuit se lève
Pour changer et organiser le ciel
Avec les forces du rêve

Il fait soudain plus bleu dans ce noir que vous ne pensez

L'amitié vraie entre un trait d'ombre et une étoile errante
Demeure l'un des rares champs d'expérience du possible

J'attends qu'une étoile s'interrompe et baisse son regard
Vers ce rayonnement horizontal de l'expérience passagère

Il existe un petit point brillant
Dans les préparatifs de la couleur noire
A partir duquel s'en-bleuissent les longues nuits

Le noir coule en bleu
Pour nous tendre sa lumière

L'homme est de passage dans ce monde, la lumière de la terre aussi
Mais à la différence de celui-ci, elle a encore en mémoire
L'étoile originelle par laquelle elle est entrée

La nuit est un vaste champ d'observations et d'interrogations
Elle ne nous conduit pas seulement au cœur des formes étranges de ce monde
Elle fait entrer les hommes dans le mystère des correspondances entre l'être et les univers
Toutefois ce mystère relève moins des eaux d'en haut qui le créent, que des eaux d'en bas qu'il draine

La terre est une aurore naissante
Une marche à l'étoile mère
Pour renaître différente

A l'origine
Il y a la rencontre
Entre une voix venue de l'espace
Et un point noir profond

Le perceptible lumineux creuse le silence secret de l'ombre
D'une planète seule et perdue qu'un voile opaque recouvre

Peut-être est-ce par cette fente avide de lumière et d'espace que s'ouvre l'œil des étoiles

Le mur du secret ne m'empêchera pas de penser
Qu'une présence étrangère dans notre environnement est hautement probable. 

L'espace sortira de lui-même pour prendre le relai de ces plages lointaines




Qui se rappelle des précédents voyages ?

Ce que la nuit avait fait à l'angle de la rue Jacob
Et de la rue Saint Benoît, le jour le défait

Ce reflet d'une fenêtre sur un mur blanc
Me plonge dans une nostalgie
De l'état d'innocence

La nostalgie de la surface maternelle
Marque le point d'où s'élancent
Les imaginaires et où s'arrête le rationnel

Le vent calme dans le bleu de l'aube s'est tu
Ce vent glacé vient d'au-delà des étoiles

Pas un souffle d'aurore, le silence
Il y a là l'ouverture d'un lieu secret

Le premier lieu dans l'eau solaire du matin
Transforme sans cesse en lui-même la lumière
Et le regard comme s'il s'éveillait d'une île lointaine

Il est partout d'autres sourires à habiter
Mais on a presque le sentiment qu'il y eut deux courses solaires différentes
Celle imaginée avant le plus ancien pays habité, celle imaginée après lui

La lumière que je cherche est-elle ou n'est-elle pas de ce monde ?

Il y a deux sortes de mondes, pensai-je
Il y a celui dans lequel on vit
Et il y a celui pour lequel on ouvre les sources

Il n'est qu'un lieu où tout se regarde et où tout s'écoute
C'est la première forme imprévisible du matin

L'aube secoue des bleus
Dans la trame de l'espace-temps
Du fond de la nuit
Remonte la rosée du temps
Oser franchir la porte
Qui ouvre sur l'indéfinissable
Les visions lumineuses y reconduisent l'esprit
Et peuvent émettre au-dedans la voix des étoiles
Des ombres nues et froides flottent dans l'air
Dans leurs yeux nocturnes je lis que tout se cherche, tout se souvient

Les pluies de fleurs n'ont rien à redouter de ces eaux sombres
Peut-être que si l'on ajoutait du silence vivant
On obtiendrait un frémissement de tendresse

La voix claire du jour suffit à l'émerveillement
Des fleurs de cristal sur la vitre du ciel

La haute route des aubes blanches est lancée sur les ailes d'une lame de fond
Quelle que soit l'issue, les merveilleuses traces de vol explorent
Dans les grands courants d'étoiles d'autre univers vibratoires

Il en est de ce monde comme de l'autre
Sous les paupières mouillées de l'aube
Offerte aux regards clairs ils baignent
Dans le même liquide nourricier

Ce regard fixé sur la première forme du matin est un être en interrogation
La couleur du bleu est encore sous l'influence d'une impossible réunion
Aux états multiples de l'être-au-monde-éternel

Le souffle du matin baigne encore dans les eaux maternelles
Cette clarté première a donné naissance à la possibilité des chemins, des contacts, des messages

Ici je suis au centre de quelque chose
Qui invite à la course éperdue des rivières
Et des signes éblouissants

Je le sais bien, les couleurs du blanc ne se posent pas immuablement
Sur le bord des nuages et ce sont elles qui creusent le silence du ciel

Le climat de l'aube commence là où le point vert de l'étoile écarte l'onde des voies de la nuit

Qui sommes-nous en vérité ?
Est-ce qu'il y a d'autres ciels au-dessus ?

Les précieux gardiens de la terre ont un sourire doux
Dans leur berceau marin, toutes les formes du monde n'en sont qu'une

La vie est issue de la vie, elle même issue de la vie et ainsi de suite

Le monde se crée secrètement

Le sentiment de surprise repose très précisément sur un choix de l'inattendu contre le programmé

Ce qui manque autour de ce bleu
Pour que je puisse le toucher
C'est le souffle imperceptible d'une légère lueur
Quelque chose comme le goût d'une île à l'intérieur d'une autre île
Lumineuse. Vraie

Les visions absentes, présentes ou rêvées
Sont recensées à tous les endroits de l'espace
L'aube ne peut les ôter de ses paupières

Le message porté par la molécule de vie ne peut remplir son ultime mission
Qu'en ouvrant la voie à une hyper-surface lumineuse effleurée par les hautes vagues de l'espace

L'homme participe de ce chemin et de cette marche des étoiles
La chair et le souffle ( l'île et l'étoile ) s'appellent et se répondent





Le sentier de la quête est proposé, jamais imposé.
La musique de l'aube est fluide, jamais prédéterminée.




Il est dit ...

Il est dit dans les chants
Que la nuit a précédé le jour
Et comme tout ce qu'ils disent est vrai
Quand on le regarde par transparence
Le noir coule en bleu
Sur les dunes de la nuit
Pour nous tendre sa lumière

Nuits couleur de sable qui vous immiscez intimement
Dans la couleur de lumière des mers inconnues
Toutes les approches guident en vous et par vous
tous les chants d'innocence des îles innommées

Dans l'état de rêve
Il n'y a pas la nuit et puis le jour
Il n'y a qu'un minuscule point 
De vive lumière noire
Par-delà toutes les distances
Gravées en jour, nuit, jour

Il y a une multiplicité de mondes
Et la nuit est ronde comme la coque 
Lisse et noire d'un sous-marin

Pourquoi meurt-on dans ce couloir des ombres ?
Sinon pour mieux se transporter

Le monde ne s'arrête pas ici et maintenant

Il existe des réalités profondes
Et radicalement différentes
Qui se cachent sous les apparences

Il n'empêche que de nouveaux mondes, de nouveaux peuples du ciel seront découverts

Qui sait lire au travers des songes
Voit s'ouvrir une étoile dans sa main
Cet homme-là est le plus heureux de tous
Car il veut croire que toutes les étoiles
Du firmament agissent en gardiennes des peuples



MAUDITS

Les errances alcoolisées
Se comprennent et possèdent cette complicité
Que seuls connaissent les fiancés de la nuit

Les brumes du rêve sont face à eux et non contre eux
Traversée des instants et des espaces illuminés
Un moment par les grandes aubes

Rue du Point-du-Jour
Chaque phrase d'une Saison en Enfer
Fait l'effet d'un coup de projecteur
Dans la nuit des derniers maudits

D'où viennent-ils ?
Où vont-ils ?
Et derrière où sont-ils
Qui sont-ils ?

Chacun invente sa relation
Avec le cosmos, la terre et le rêve
Bref, l'étoile d'où il vient
Et où quelqu'un l'attend

Ils ont le visage nu
De ceux qui cherchent
Où se cache l'invisible
Dans le visible

L'essentiel a sa forme en dedans
Et l'apparent, en dehors

D'où la nécessité absolue 
D'une communication quelconque
Entre les deux lumières
Entre les deux mondes

Il faut comprendre que le parcours dans l'homme est fait d'instants et d'espaces
A partir de cet instant, quelque chose me dit qu'il n'y a pas un lieu de la rencontre
Mais plusieurs : toutes les faces, toutes les surfaces du regard sont possibles
Ce qui fait que je ne sais plus vers où tourner mon regard, tellement l'intensité des silences déplace

Plus le noir coule en bleu, plus il sublime à la lumière
Et plus les mers blanches de l'aube touchent l'indicible bleuté

Je les aime, ces clochards célestes
Ils m'ont fait pénétrer des nuits ouvrantes
Comme on pénètre intérieurement le corps d'une femme
Si parfaitement libre d'étourdissantes formes inventées

La douceur des larmes a besoin d'un espace de la présence et d'un chemin de la parole
Toute expression personnelle, par son élan créateur, se révèle unique, irremplaçable et libre

L'amour de l'amour rend bien difficile l'entière destruction des voleurs de feu




Un matin vierge arrive sur la pointe des yeux
Rien ne surpasse ce visage du matin créé par le pur sentir



Ce matin, en écarquillant les yeux
J'ai vu apparaître un oracle aux sept nuances de vert
Où se lisait par mille messages
Le territoire de toutes les premières forêts de fougères





Les odeurs d'eaux pâles dans le souffle du matin
Sont absorbées dans leur propre silence
Le jour qui se lève est, par essence
L'expression désenchantée de la nuit





Poème-source

Ce qui se déroule devant nos yeux est modelé
Par les ombres profondes de nos rêves

Dans les ondes lumineuses de l'œil de la nuit 
Dérive une île d'un bleu clair comme le ciel

Une couleur est entrée, une couleur est sortie
L'aventure est tout autant intérieure qu'extérieure

Rien n'est certain dans ce monde mais tout est possible
L'instant d'un regard arraché au temps dispersé
Dans la conjonction des ombres du sensible

Le déroulement continu et logique
Des heures, des minutes, des secondes
Forge l'inquiétante étrangeté de l'ombre

Si j'avais pu prendre avec mes yeux cette profondeur
Je l'aurais fait pour la regarder monter librement
Le long des formes de la nuit, comme un enfant sortant de la matrice

Est-il dans le rêve de Dieu
Ce carré de ciel pointant sur l'infini ?
Dans une longue dérive jusqu'au bout de la nuit
Tous les observateurs traquent ses dernières traces de matérialité

L'au-delà est pris en flagrant délit
L'au-delà n'a pas de chair
L'au-delà n'a pas d'existence

Dieu contre Dieu ?

Il faut être très loin, ailleurs
Pour sentir que rien n'est loin
Que le loin n'existe pas

Où est Dieu ? Dans quelle direction ?
Quel lien entre Dieu et l'homme ?
Dieu n'existe que dans le voyage
Et il y a autant de chemins que de voyageurs

L'absence opère de loin
Depuis son ombre
Pareille à une île à l'envers
Qui affleure sous la surface

La catégorie du profane est un mensonge car tout est sacré
Il n'existe aucune ligne de partage

L'invisible qui se déverse dans le visible
Est un soleil qui éclairera tout

Il y a des îles qui ne savent pas encore
Que des étoiles ont mis en elles de la lumière

Ce n'est pas la terre qui monte au ciel
Ni le ciel qui descend sur la terre

Tout est dans les nuages
Dans un seul nuage
Celui qui voyage dans le vent
Comme une musique de l'aube
Par l'intérieur





Poème-voyage

L'imaginaire s'incorpore au réel
Et le réel s'accomplit dans l'imaginaire
Par le truchement de l'attente silencieuse
D'une lumière au milieu des ombres de la nuit

Des préparatifs de paysages apparaîtront probablement
Quelque part dans cet espace de merveilleux

Le sentiment de surprise repose très précisément
Sur un choix de l'inattendu contre le programmé

Il s'agit de privilégier les formes inventées, les formes en liberté
Contre les formes "enfermantes", les formes expliquées

Le visible est le véhicule d'une autre réalité

Un ou des commencements ? 
Un seul berceau ou plusieurs points ?

Il y a un tressaillement de l'infini
Dans tous les commencements

La multiplication indéfinie des songes
Traverse parfois le royaume précieux
Inventé d'une entité immatérielle

Dès l'instant où l'on s'installe sur le territoire de l'étrange
L'attrait de l'inconnu nous agrippe par l'émotion des mots
C'est émotionnel, affectif, ça participe de la magie

Il existe une réalité magique au-delà de l'accessible, du lisible, du compréhensible

Si le réel ne s'accomplissait plus dans l'imaginaire
La mer ne serait plus qu'une répétition sans fin d'elle-même

Et que serait la mer, s'il n'était point d'île à l'envers
Pour venir d'aussi loin, de l'autre côté de l'eau, dans le pays des rêves ?

La mer disparaît dans la mer, croyez-vous ?
Erreur ! La mer met au monde ses îles pour voyager en elles

Explorons les rives inconnues et les mille et une plages





La saisie d'un paysage par l'imaginaire est plus vaste
Parce qu'elle est indéfinie et non délimitée

Il s'agit de creuser l'étendue intérieure
Pour lui faire rendre en quelque sorte
Ses formes de pensée, ses formes de parole

L'intérieur est en phase avec l'extérieur
La désorientation n'est qu'un état apparent









L'instinct d'obéissance est un instinct de mort
L'instinct de liberté est un instinct de vie




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